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Généalogie de la xénophobie européenne

Affiche xénophobe d'un parti politique européen (Suisse)

Au fond, la négrophobie n’est qu’une modalité parmi d’autres de la phobie de l’autre profondément ancrée dans la civilisation occidentale. Il n’y a pas d’autre civilisation dont l’histoire est jalonnée d’autant de guerres, entre les Européens/Occidentaux eux-mêmes, entre eux et d’autres. Le Nègre est physiquement et symboliquement l’autre le plus radicalement autre du Blanc. Cela peut suffire à expliquer qu’il ait souffert le plus sévèrement « la férocité blanche ». La phobie de l’Autre que l’on rencontre chez les Blancs est antérieure à la civilisation occidentale, et plonge ses racines dans la civilisation gréco-romaine.

Back-To-Africa !

Qu’on ne s’y méprenne pas : le retour vers l’Afrique de la Diaspora des déportations est d’abord un retour paradigmatique à soi-même, en tant qu’Africain qui reconquiert activement son autonomie de pensée et d’action ; partout et en toute circonstance. Une telle conception du « Back-to-Africa » n’implique donc pas nécessairement un retour géographique en Afrique, bien que ce soit assurément une condition préalable à l’exercice avec succès du droit naturel de chaque Nègre à s’établir librement au Pays-des-Ancêtres, pour y vivre et s’épanouir.

On entend par « diaspora des déportations », les Africains nés et vivant hors d’Afrique, parce que l’un au moins de leurs ascendants a été déporté par les Européens lors du Yovodah. Deux des populations emblématiques de cette Diaspora africaine consistent aux Africains-Américains et aux Africains-Caribéens. A ceux-là, et à tous les autres, des politiques publiques africaines volontaristes et innovatrices doivent enfin ( !) permettre de regagner le continent de leurs ancêtres – pour ceux qui le souhaiteraient expressément – dans les meilleures conditions socio-économiques de Renaissance panafricaniste. La récente proposition du président Wade, d’une dotation foncière gratuite aux Ayitiens souhaitant s’installer au Sénégal, est l’occasion de réintroduire aux débats des propositions alternatives.

Une histoire de l’Etat et de la démocratie en Afrique

Ngola Nzinga (1582 -1663), l'une des plus grandes leaders politiques africaines à avoir vaillamment combattu les esclavagistes européens.

Si la démocratie consiste en la création par une multitude humaine d’une société politique autonome, fondée en soi et pour soi[1] ; alors l’Afrique Noire possède une expérience démocratique déjà millénaire avant son agression  par l’Europe. Par conséquent, si une question de démocratie se pose aux Africains d’aujourd’hui, c’est essentiellement dans cette histoire politique millénaire qu’ils devraient en puiser les éléments de réponse adéquats ; plutôt que de verser dans un mimétisme amnésique d’expériences politiques étrangères.

C’est indubitablement dans les décombres de l’Afrique ancienne qu’il faut rechercher les matériaux essentiels de la refondation socio-politique de l’Afrique à venir ; évidemment en pleine conscience des circonstances actuelles dites de la mondialisation, qui consistent surtout en l’occidentalisation  du monde. Mais encore faut-il que nous apprenions à connaître et comprendre notre propre histoire politique « précoloniale ».

RAP : RESEAU ASSOCIATIF PANAFRICANISTE

Le dimanche 03 juillet 2011, à ANIBWE, a eu lieu la présentation du projet de « Réseau Associatif Panafricaniste » ; de 17h à 20h. Cette nouvelle organisation vise à interconnecter les diverses initiatives associatives de la galaxie panafricaniste, à mutualiser leurs ressources, en vue de réaliser ensemble des objectifs socio-économiques précis et de plus grande envergure que ce que ferait chacune isolément. Cet article expose les grandes lignes du concept « R.A.P. ».

Une élite africaine (francophone) immature et irresponsable

Ali Bongo reçu à la Maison Blanche pour avoir soutenu au Conseil de Sécurité l'agression de la Côte d'Ivoire et de la Lybie par la Communauté Internationale des intérêts impérialistes.

Ci-après un texte polémique d’un intellectuel sud-africain consterné par le larbinisme dégoulinant d’Ali Bongo, qui a valu à ce dernier d’être adoubé par Barack Obama et Hilary Clinton, des élites politiques impérialistes parmi les plus actives dans la recolonisation de l’Afrique par la coalition d’intérêts occidentaux, notamment franco-américains. Au-delà du cas désespéré de Bongo-Fils, c’est toute l’intelligentsia françafricaine qui est sévèrement tancée ici ; elle dont la souplesse de l’échine est légendaire, ainsi que Cheikh Amidou Kane vient encore de l’illustrer tout récemment à travers son approbation servile du coup d’Etat perpétré par la France en Côte d’Ivoire.

Pour autant, la simple description d’un état de fait ne constitue pas une explication rigoureuse de ses causes structurelles. Certes, cet article, bien enlevé, est surtout destiné à fouetter ce qu’il reste d’orgueil (à supposer qu’il en reste) aux intellectuels françafricains. Mais il sacrifie aux habituelles simplifications faciles, en présupposant que tous les Africains des colonies françaises sont des idolâtres de Bwana, dont par conséquent les pays méritent le sort qui leur est fait par l’impérialisme occidental.

Cette attitude d’esprit est pour le moins désolante, venant d’un Sud Africain : ce dernier aurait-il oublié le vaste et opiniâtre mouvement de solidarité qui s’était levé partout en Afrique à l’égard de la lutte contre l’apartheid ? Si tous les Africains, dont il prétend aujourd’hui qu’ils méritent leur sort d’asservis, avaient laissé les Sud-Africains seuls aux prises avec l’apartheid, ce régime raciste fomenté par les mêmes impérialistes occidentaux aurait perduré encore quelques décennies. Ainsi, se moquer du sort de ses propres frères, en croyant s’en être « sorti des magnans », est aussi une forme de lâcheté intellectuelle (ou à tout le moins de frivolité) ; laquelle au fond renseigne bien sur l’attitude si ambiguë de Jacob Zuma dans les crises ivoirienne et lybienne…

Crises de l’impérialisme, essor du panafricanisme

Henry Sylvester Williams : Panafrican Association, 1900

Généralement, les périodes de grande avancée du mouvement panafricaniste sont aussi celles d’un recul ou d’une crise du système européen/occidental de domination des Nègres ; soit en raison de guerres entre Etats impérialistes, soit en raison de graves dépressions économiques. Ces périodes sont également suivies (ou ponctuées) d’une féroce chasse aux militants nationalistes et panafricanistes ; aussi bien en Afrique (Um Nyobé) que dans la Diaspora (Malcom X).

Résistances Kongo au Yovodah

 

 

En 1482, Diego Cao établit les premiers contacts d’Européens avec les habitants du bassin du fleuve Kongo. A l’arrivée des Européens, la fédération politique du Kongo-dyna-Nza (« Kongo, aux dimensions du monde »), qui occupe toute cette région, avait une superficie approximative de 2 millions de km2 ; soit un seul pays négro-africain du XVè siècle aussi vaste que toute l‘Europe occidentale. Les Kongo concevaient leur territoire de manière radiocentrique, qu’ils découpaient en quatre principaux secteurs[1] : Kongo-dya-Mpangala (sud), Kongo-dya-Mulaza (est), Kongo-dya-Mpanza (nord) et la façade maritime (ouest). Les trois premiers secteurs étaient également des entités administratives (sorte de province ou Etat) ; l’ensemble étant régi par leur intersection, au centre géographique de la fédération, c’est-à-dire la province-capitale Zita-dya-Nza (le « noeud du monde »), dont le chef lieu était Mbanza Kongo[2] – que les Portugais surnommeront Sao Salvador.

De la Résistance spirituelle ou intellectuelle

La résistance spirituelle de Kimpa Mvita

Dès 1506, les Portugais intriguent pour installer comme Mwene Kongo un prétendant préalablement converti au christianisme. L’entourage de ce souverain – Mvemba Nzinga, alias Afonso Ier – se remplit  de prêtres, missionnaires catholiques et marchands européens, sortes d’agents spéciaux de l’Europe esclavagiste. Les négriers portugais peuvent alors saigner le Kongo avec la bénédiction de l’Eglise catholique, malgré les vives protestations de leur allié, Mwene Nzinga Mvemba :

Chaque jour les marchands enlèvent nos sujets, enfants de ce pays, fils de nos nobles et vassaux, même des gens de notre parenté. […] Cette corruption et cette dépravation sont si répandues que notre terre en est entièrement dépeuplée. […] Pour éviter cet abus nous n’avons besoin en ce royaume que de prêtres et de quelques personnes pour enseigner dans les écoles, et non de marchandises, si ce n’est du vin et de la farine pour le saint sacrifice. […] C’est notre volonté que ce royaume ne soit un lieu de traite ni de transit d’esclaves.[1]

Les Etats-Unis d’Afrique, un idéal panafricaniste

L’un des plus grands idéaux du panafricanisme consiste dans le projet des « Etats-Unis d’Afrique ». Or, au regard de l’abyssale vacuité stratégique où cet idéal panafricaniste est tombé depuis que le mirage du développement a phagocyté tant d’énergie politique en Afrique, il convient vivement de reconsidérer la question des Etats-Unis d’Afrique à l’aune de ses préoccupations fondatrices ; lesquelles ont été formulées par d’illustres Africains de la Diaspora. Une Diaspora dont l’absence institutionnelle récurrente dans les organes fédératifs continentaux est le symbole éloquent du dévoiement du panafricanisme par lesdits organes ; notamment par l’Union Africaine telle qu’elle se bricole.

Panafricanisme : une éthique de la Renaissance panafricaine

 

Résister, en vue de Renaître

L’attitude d’esprit panafricaine de résistance politique, littéraire, artistique ou scientifique à toutes les sortes de domination des nations nègres est ce que l’on nomme  panafricanisme, au sens le plus rigoureux du terme :

Le panafricanisme est issu d’abord d’un refus de la traite des Noirs, de l’esclavage et de toutes leurs conséquences sur le statut juridique des Noirs, sur l’image de l’Afrique dans le monde et sur le destin que les grandes puissances de l’époque réservaient aux Africains et à leur continent. C’est en rejetant le système négrier que les Africains d’Afrique et de la diaspora ont affirmé l’égalité des peuples et le droit des Africains à vivre dans la liberté et la dignité comme les autres êtres humains. […] Tout au long de l’histoire du panafricanisme, la protestation intellectuelle et la créativité culturelle allaient ainsi accompagner les luttes proprement politiques.[1]