Mot-Clef: Diaspora

Back-To-Africa !

Qu’on ne s’y méprenne pas : le retour vers l’Afrique de la Diaspora des déportations est d’abord un retour paradigmatique à soi-même, en tant qu’Africain qui reconquiert activement son autonomie de pensée et d’action ; partout et en toute circonstance. Une telle conception du « Back-to-Africa » n’implique donc pas nécessairement un retour géographique en Afrique, bien que ce soit assurément une condition préalable à l’exercice avec succès du droit naturel de chaque Nègre à s’établir librement au Pays-des-Ancêtres, pour y vivre et s’épanouir.

On entend par « diaspora des déportations », les Africains nés et vivant hors d’Afrique, parce que l’un au moins de leurs ascendants a été déporté par les Européens lors du Yovodah. Deux des populations emblématiques de cette Diaspora africaine consistent aux Africains-Américains et aux Africains-Caribéens. A ceux-là, et à tous les autres, des politiques publiques africaines volontaristes et innovatrices doivent enfin ( !) permettre de regagner le continent de leurs ancêtres – pour ceux qui le souhaiteraient expressément – dans les meilleures conditions socio-économiques de Renaissance panafricaniste. La récente proposition du président Wade, d’une dotation foncière gratuite aux Ayitiens souhaitant s’installer au Sénégal, est l’occasion de réintroduire aux débats des propositions alternatives.

Quel est le rôle de la diaspora?

Cet été des membres de l’organisation KEMWANA etaient au Cameroun pendant deux mois pour analyser la situation sur le « terrain ». D’Europe, malgré les recherches, les livres, les témoignages, et des analyses « de bureau«   il y aura toujours un ecart de perception avec une analyse de terrain. Nous vous faisons partager jour après jour nos différentes sensations. Il vous est fortement conseillé d’aller sur le facebook de KEMWANA afin d’y voir aussi quelques photos.

Reflexion sur la prise de conscience des masses populaires : La quadrature du cercle

Comment sortir de cette quadrature du cercle qui est que, les intérêts privés des régimes corrompus qui sont de perpétuer l’ordre établi par la néo-colonisation, se trouvent en contradiction avec l’intérêt général des masses, dont ces mêmes régimes sont en charge d’apporter les formations nécessaires, par les politiques d’éduction nationale appropriées et adaptées aux réalités du continent ? 

Aujourd’hui, comme hier, les idées panafricaines connaissent un bouillonnement intellectuel et, le sentiment d’une imminence de prise de conscience générale se fait de plus en plus sentir. Au vu de l’actualité brulante du continent, il apparaît de plus en plus que le recours à la diaspora pour faire bouger les lignes et les régimes en place deviennent une nécessité.

En effet, tout le monde salut aujourd’hui, la révolution de jasmin en Tunisie et s »’accorde reconnaître à la fois le rôle des nouvelles technologies de communication mais aussi, le rôle de la diaspora dans l’accompagnement de cette révolution qui a emporté le régime de Ben Ali. 

Sur le reste du continent, cette soif de changement à du mal à prendre corps tant les voix des peuples sont sous une chape de plomb. Si dans la diaspora les langues sont plus facile à délier sur la nature des régimes en place et les liens de subordination envers les anciennes puissances coloniales, il en est autrement pour ceux qui sont sur le continent, du fait de la pression sociale et politique sur les libertés individuelles.  Les récentes disparitions tragiques de journalistes dans certains pays sont là pour nous rappeler que le risque n’est pas nul de devoir payer au prix fort, certaines prises de  positions, quand on vit sur le continent. 

La problématique se pose donc en ces termes : Es-ce que c’est une question d’absence de prise de conscience des populations ou es-ce une question d’absence d’espace et de liberté d’expression qui fait que, sur le continent, les choses ne bougent ? 

Il y a sans doute une part des deux. Si les restrictions d’espace de liberté d’expression sont une réalité, nous constatons également que nombreux y compris des jeunes générations cèdent aux sirènes des régimes en place et contribuent ainsi à perpétuer un ordre établi de domination, d’expoliation et d’exploitation de la plus grande masse, sacrifiant l’intérêt public pour la défense de quelques privilégiés, un ordre destiné à produire autant de potentiel « troisième homme ». 

Dans ces cas, que peux faire la diaspora éclairée et consciente ? La réponse naturelle est qu’il faut faire en sorte que la plus grande masse prenne conscience de l’intérêt général et, par la pression sociale, impose les changements de comportements et de mentalité des élites dirigeantes.  Pour y arriver, il faut que cette masse populaire soit formée pour comprendre et saisir les grands enjeux au-delà de sa propre condition. 

Or, qui doit former cette masse ? En partie, ce sont les pouvoirs publics qui par l’éduction nationale, doivent apporter les formations de base qui permettraient d’assoir une culture et une conscience nouvelle de l’intérêt général. Cette évidence est en vérité une quadrature du cercle car, former les masses populaires afin de leur permettre de défendre au mieux leurs intérêts et l’intérêt général revient à exiger des pouvoirs en place de scier les branches sur lesquelles ils sont assis. 

C’est parfois la non prise en compte de cette réalité qui donne l’impression d’un décalage entre la diaspora formée et consciente et, les masses populaires sur le continent ce qui explique que la plupart du temps, les changements viennent, non, pas de stratégies élaborées par la diaspora mais, de l’intérieur du continent où les régimes finissent par craquer pour avoir exercé une trop forte pression sociale. 

Pour sortir de cette quadrature du cercle, il sied à cette diaspora consciente, au-delà des incantations, d’élaborer des stratégies de prise de contrôle des pouvoirs en place ou de prise du pouvoir, conditions sine qua none du vrai changement attendu par les peuples pour la défense des intérêts afrocentrés du plus grand nombre.

Shmsw-Hr, Unu maa.