Mot-Clef: colonisation

Lettre d’un Africain-africain à un Africain-américain

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BARACK H. OBAMA

Monsieur le Président Barack Hussein OBAMA, je suis un illustre inconnu, militant panafricain. Je me permets de vous écrire, en toute humilité, cette lettre parce que, si moi-même je ne me fais pas d’illusion quant au sort que vouset vos pairs réservez à l’Afrique, je ne veux pas que mes enfants perdent l’espoir de voir la libération de l’Afrique.

Monsieur le Président, vous avez 49 ans, j’en ai 43. Nous aurions pu être voisins dans le même quartier à Brazzaville ou à Kogelo. Nous aurions pu avoir fréquenté en même temps, l’école primaire. Nous aurions pu nous retrouver dans les mêmes amphithéâtres à l’université. Mais, vous êtes né, Africain-américain, je suis né Africain-africain. Nous avons eu des destins différents. Et votre destin, monsieur le Président, est dans la lignée de ces africains qui font notre fierté et, dans la lignée des grands hommes qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Mais, voyez-vous, monsieur le Président, ce qui nous uni, vous et moi, c’est ce grand « A » que de Africain que nous portons, avant que d’être de africain ou américain avec un petit « a »

Cinquantenaire de la Néodépendance

Appliqué à la situation politico-économique des Etats africains issus de l’empire colonial français, le terme « indépendance » est une véritable arnaque épistémologique. En effet, il n’y a jamais eu de rupture des liens de dépendance structurelle, voire de soumission institutionnelle, de ces pays à leur métropole coloniale. Il y eut certes d’âpres luttes des populations africaines pour s’affranchir de la tutelle sclérosante de la France ; mais cette dernière usa de tous les moyens, y compris les plus génocidaires[1], pour conserver son « Pré Carré » dans un cadre systémique que nous nommons « néodépendance ».