<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Panafrikan</title>
	<atom:link href="http://fr.panafrikan.net/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://fr.panafrikan.net</link>
	<description>Journal panafricaniste</description>
	<lastBuildDate>Sat, 19 May 2012 23:41:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	
		<item>
		<title>Le Panafricentrage d&#8217;Aziz Fall</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/le-panafricentrage-daziz-fall/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/le-panafricentrage-daziz-fall/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 May 2012 15:01:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[Prospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Fall]]></category>
		<category><![CDATA[Congrès panafricain]]></category>
		<category><![CDATA[panafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Panafricentrage]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=585</guid>
		<description><![CDATA[Lors du Congrès Panafricain qui s’est tenu à la fin octobre 2011 à Munich, le politologue Aziz Fall, membre du Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de l’Afrique (GRILA), aussi collaborateur à Amandla, a expliqué le concept de “panafricentrage”: une stratégie internationaliste panafricaine de désengagement et de construction d’un développement équilibré continental qui]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a title="Le document original sur AMANDLA" href="http://addax.wordpress.com/2011/11/30/aziz-fall-sur-le-panafricentrage/" target="_blank">Lors du Congrès Panafricain qui s’est tenu à la fin octobre 2011 à  Munich, le politologue Aziz Fall, membre du Groupe de recherche et  d’initiatives pour la libération de l’Afrique (GRILA), aussi  collaborateur à Amandla</a>, a expliqué le concept de “panafricentrage”: une  stratégie internationaliste panafricaine de désengagement et de  construction d’un développement équilibré continental qui intègre une  compréhension de l’insertion défavorable de l’Afrique dans la division  internationale du travail.</p></blockquote>
<p><span id="more-585"></span></p>
<p style="text-align: center"><a></a><a></a><a href="http://addax.wordpress.com/2011/11/30/aziz-fall-sur-le-panafricentrage/">aziz-fall-sur-le-panafricentrage</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/le-panafricentrage-daziz-fall/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un regard géostratégique sur la crise du Mali</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/un-regard-geostrategique-sur-la-crise-du-mali/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/un-regard-geostrategique-sur-la-crise-du-mali/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 16:38:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[françafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grioonaute]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Touareg]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=570</guid>
		<description><![CDATA[Depuis la guerre d&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie, en tout cas dès la fin des années 1950, la France poursuit le dessein de créer un &#171;&#160;Etat Touareg&#160;&#187; dans l&#8217;épicentre géologique des immenses ressources hydrauliques, pétrolifères et uranifères du Sahel.  Mais, tant qu&#8217;elle parvenait à préserver à son économie un accès privilégié auxdites ressources, notamment grâce à son]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la guerre d&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie, en tout cas dès la fin des années 1950, la France poursuit le dessein de créer un &laquo;&nbsp;Etat Touareg&nbsp;&raquo; dans l&#8217;épicentre géologique des immenses ressources hydrauliques, pétrolifères et uranifères du Sahel.  Mais, tant qu&#8217;elle parvenait à préserver à son économie un accès privilégié auxdites ressources, notamment grâce à son &laquo;&nbsp;influence&nbsp;&raquo; stratégique omnipotente dans les Etats de cette région, ce dessein d&#8217;instrumentalisation de la carte touarègue lui paraissait peu urgent. Or, au cours de la décennie 2000, la forte poussée sur le marché des matières premières africaines de la Chine en particulier &#8211; et des BRICS en général &#8211; ; de même que le précédent de la partition du Soudan par &laquo;&nbsp;la Communauté Internationale&nbsp;&raquo; occidentale, sont autant de circonstances favorables à l&#8217;agenda français d&#8217;un &laquo;&nbsp;Etat touareg&nbsp;&raquo;. Le bellicisme atlantiste &laquo;&nbsp;décomplexé&nbsp;&raquo; du tandem  Sarkozy-Juppé, qui a fait ses funestes preuves en Côte d&#8217;Ivoire et en Lybie, est un autre facteur explicatif prépondérant de ce qui se joue actuellement au Mali.</p>
<p>Bien entendu, cette perspective analytique est scrupuleusement enfouie sous un storytelling abrutissant orchestré par les média du Quai d&#8217;Orsay (RFI, FRANCE24&#8230;) et leurs consorts. Heureusement qu&#8217;un internaute très perspicace a bien voulu porter son regard différent, déniaisé, sur les fondements géostratégiques de la crise malienne, au cours d&#8217;échanges sur un forum dont nous rapportons l&#8217;extrait ci-après.<span id="more-570"></span></p>
<p>Certains d’entre vous qui ne sont pas d’Afrique occidentale sont très peu renseignés sur les vraies réalités des pays de la CEDEAO. C’est pourquoi je vais tenter de donner quelques éléments qui peuvent peut-être contribuer à faire comprendre ce qui se passe au Mali aujourd’hui.</p>
<div id="attachment_572" class="wp-caption aligncenter" style="width: 374px"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2012/04/El-Hadj-Ibrahim-Oumarou1.jpg"><img class="size-full wp-image-572" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2012/04/El-Hadj-Ibrahim-Oumarou1.jpg" alt="" width="364" height="291" /></a><p class="wp-caption-text">Feu El Hadj Ibrahim Oumarou :  sultan touareg d&#039;Agadez</p></div>
<p><strong>I/  Qui sont les Touaregs ?</strong></p>
<p>Vous avez certainement vu des images (touristiques) des Touaregs, blancs, voilés, « fiers » et nomades et caracolant à dos de chameau dans le désert. Je suis donc certain que pour beaucoup d’entre vous les Touaregs sont des « Blancs » qui se distinguent des autres Nigériens et Maliens « noirs ». Et c’est là la première erreur. L’écrasante majorité des Touaregs […]  sont « noirs » comme vous et moi ; et pour cela il vous est évidemment difficile de les reconnaître dans la rue (tout autant qu’il vous sera difficile d’identifier un Boulou dans la rue) et de les identifier comme des Touaregs alors que ce serait le premier réflexe que vous auriez si vous rencontriez un Touareg « blanc ».</p>
<p>Les Touaregs ne sont pas une « race ». C’est une communauté culturelle et linguistique composée de gens « noirs », d’autres « blancs », et d’autres encore « métisses ». Malheureusement, l’imaginaire touristique européen ne présente au monde extérieur « blanc » qu’une des multiples composantes des Touaregs pour des raisons idéologiques qui peuvent parfaitement se comprendre.</p>
<div id="attachment_573" class="wp-caption aligncenter" style="width: 338px"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2012/04/Prince-Jackou.jpg"><img class="size-full wp-image-573" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2012/04/Prince-Jackou.jpg" alt="" width="328" height="392" /></a><p class="wp-caption-text">Son altesse Sanoussi Jackou : prince touareg</p></div>
<p><strong>II/  Existe-t-il un espace géographique exclusivement touareg ?</strong></p>
<p>Vous avez certainement toujours associé l’image des Touaregs avec le désert ; et le nomadisme et vous avez probablement toujours pensé que le désert, c’est le « pays » des seuls Touaregs. C’est d’ailleurs comme ça que RFI et tous les médias français présentent les choses. Ils présentent le Sahara, le désert, comme le pays des seuls Touaregs. Ce qu’ils ne vous disent pas c’est que la partie du désert revendiquée par les rebelles n’est pas habitée [exclusivement] par des Touaregs.</p>
<p>« Le pays Touareg » est en fait aussi le pays des Peulhs, des Songhays, des Toubous, des Arabes et des Haoussa. Toutes ces populations vivent sur ce même territoire que les médias présentent comme étant exclusivement « le pays Touareg » ; avec des villes comme Gao, Tombouctou, etc. dont vous avez certainement entendu parler.<br />
En fait, il n’y a pas de « pays » proprement Touareg habité par les seuls Touaregs (ou même en majorité). Les Touaregs sont des nomades qui tout comme les Peulhs, sont « incrustés » et dispersés à travers tout le Sahel sans pouvoir être identifiés à un territoire unique. Ils ont toujours vécu, non pas séparés et distincts sur un territoire propre, mais mêlés aux autres populations, dispersés partout sur le territoire. Donc s’il y a un pays touareg, c’est un pays partout partagé avec les autres populations et par là, je ne veux pas dire seulement les Etats-nations nommés le Mali, le Niger, etc. Je parle des terres occupées par les Touaregs. Partout ces terres sont des terres occupées par d’autres populations avant même l’arrivée des Touaregs.</p>
<p><strong>III/ Touareg : une minorité démographique au Sahel</strong></p>
<p>Mieux encore, sur tous ces territoires, les Touaregs ne sont qu’une extrême, je dis bien extrême, minorité de l’ordre de 10% ; [voire] moins. La majorité des populations qui habitent ces territoires depuis l’éternité sont des Peulhs, des Songhays, des Haoussa, etc.<br />
Qui sont donc les Touaregs et d’où viennent-ils ? Quelles sont leurs origines? Les Touaregs, culturellement, appartiennent au monde berbère tout comme les Kabyles d’Algérie que vous connaissez bien. Il faut savoir que les Berbères, contrairement aux Arabes avec lesquels les Sub-Sahariens les confondent, sont des autochtones d’Afrique car l’Afrique n’est pas que le contient des ‘’Noirs’’. En tout cas, dans l’état actuel des connaissances leurs origines remontent à au moins 30.000 ans en Afrique et ils descendent probablement en partie des populations noires qui habitaient originellement l’Afrique du Nord et qui se sont « mélangées » avec des envahisseurs venus d’ailleurs notamment du Moyen-Orient et d’Europe. En tout cas c’est ce que pensent certains des plus grands historiens algériens et c’est ce que disent les études de génétique des populations qui estiment à au moins 50% l’héritage sub-saharien parmi eux.<br />
Toutefois, la grande différence entre les Touaregs et les autres Berbères d’Afrique du Nord, c’est que les Touaregs ont toujours été mêlés aux populations « noires » et se distinguent, en tant qu’ensemble humain, et visuellement, par le grand nombre de « noirs » et de « métisses » en leur sein. Toutefois, certains d’entre eux, même parmi les plus « noirs » ne se perçoivent pas (et ne se veulent pas) comme tels et, tout comme les intellectuels aliénés d’Afrique ou les Arabes du Soudan, ils ont la peau noire mais portent des masques blancs.</p>
<p>Dans cette région du monde, il a toujours existé une « pression » exercée par les populations d’Afrique du Nord et poussant les populations noires qui habitaient originellement le Sahara vers le Sud, toujours plus au Sud et ce mouvement, après avoir été momentanément arrêté par la colonisation, n’a jamais cessé de s’exercer.</p>
<p>Avant l’invention de l’agriculture et la dessiccation (la sécheresse) du Sahara qui a commencé il y a environ 10.000 ans, la plupart des populations du Sahel vivaient au Sahara organisées en bandes de chasseurs-cueilleurs. Sous la poussée des changements climatiques ayant abouti à la désertification du Sahara, ces bandes se sont installées au sahel où elles ont commencé à pratiquer l’agriculture et ont plus tard formé la plupart des royaumes sahéliens (Ghana, Mali, Songhay,) dont vous avez toujours entendu parler.<br />
<strong>IV/ Quel est le rôle joué par la France dans le conflit ? </strong></p>
<p>La France a toujours caressé le rêve de créer un Etat-tampon à sa solde au Sahara ; particulièrement après qu’elle ait perdu l’Algérie. Vers la fin des années 50, en 1957 exactement, elle a d’abord tenté de créer cet Etat avec l’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes) et a échoué grâce au refus de l’Algérie, du Mali de Modibo Keita et du Maroc.</p>
<p>Mais elle n’a jamais abandonné le projet et n’a jamais cessé à aucun moment de se servir de certains Touaregs pour déstabiliser les Etats sahéliens chaque fois que ses intérêts étaient en jeu. La France s’est toujours servi de ses réseaux dormants de rebelles Touaregs (les nombreux réseaux d’exilés Touaregs qui vivent en France) qu’elle active et « rendort » au gré de ses besoins. Chaque fois qu’un régime manifestait des velléités d’indépendance se déclenchait aussitôt une « rébellion touarègue » ; et ça a été ainsi depuis les années 1960.</p>
<p><strong>V/ Quels sont les enjeux géostratégiques au Sahel ? </strong></p>
<p>Le Mali et le Niger renferment, particulièrement dans leurs zones désertiques, des richesses minières immenses (pétrole et uranium) qui sont d’une importance vitale pour l’Occident. L’exploitation de ces richesses n’a même pas été à proprement parler entamée. Ces pays renferment aussi de gigantesques réserves d&#8217;eau car il ne faut pas oublier que le Sahara est une mer asséchée.</p>
<p>Ces pays, qui sont directement adjacents à l’Afrique du Nord connaissent également la croissance démographique la plus rapide au monde. Grand comme deux fois et demie la France, le Niger par exemple comptait à son indépendance 1,5 million d’habitants seulement et était 30 fois moins peuplé que la France. Aujourd’hui, le Niger compte 17 millions d’habitants et est seulement 4 fois moins peuplé que la France. Cette croissance fera de ces pays, dans les 15 ou 20 ans à venir, des puissances démographiques régionales dotées de ressources minières immenses.</p>
<p>Il n’y a aucun doute que vu les tendances d’évolution du monde actuel, notamment la montée de la Chine et d’autres puissances capables de disputer l’hégémonie de la France dans la région, cette situation va bouleverser toutes les donnes géostratégiques au Sahel et affaiblir le rôle de la France dans ce « Pré-carré ». On l’a vu récemment lorsque le régime de Tandja Mahamadou a commencé à diversifier ses partenaires et nouer des relations avec la Chine pour l’exploitation de l’uranium jusqu’alors entièrement contrôlée par la France.</p>
<p>Il faut noter aussi que ces pays sont au carrefour de l’Afrique dite « blanche » et de l’Afrique dite « noire ». Or en Tunisie, en Algérie et au Maroc la croissance démographique est loin d’être aussi importante et les Nord-Africains regardent avec inquiétude la poussée démographique de leurs voisins d’Afrique sub-saharienne. Si en plus ces pays gardaient le contrôle de leurs richesses sahariennes, nul doute que s’ensuivraient des conséquences politiques et « humaines » (ethniques ou « raciales ») sérieuses.</p>
<p>Donc la stratégie de la France est de priver ces futures puissances démographiques des richesses minières qui en feront aussi des puissances économiques capables de négocier leur indépendance (et leur libération des griffes de la France) auprès d’autres puissances émergentes. La première étape est donc de priver les populations maliennes et nigériennes des territoires qui renferment ces richesses minières pour confier ces territoires à des minorités démographiques plus facilement contrôlables.</p>
<p>C’est ce qui a été fait en Indonésie avec l’indépendance du Timor ; c’est ce qui a été fait au Soudan avec la partition du Sud ; c’est qui a été fait en Ethiopie avec l’Erythrée, et c’est ce qui est en train d’être fait au Mali (et bientôt au Niger) avec l’indépendance de « l’Azawad ».</p>
<p>Quelles seront les conséquences de la création d’un Etat touareg dans la région ?</p>
<blockquote><p>
<strong>Il faut craindre que la création d’un Etat touareg ne débouche sur des pogroms et un nettoyage ethnique de masse, car c’est la seule façon pour les Touaregs de ne pas se trouver minoritaires dans leur  « propre Etat » devenu indépendant. [En effet,] un Etat touareg ne sera viable qu’à cette condition [d’épuration ethnique du territoire où il sera crée].</strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>VI/ Que dire du putsch contre Amadou Toumani Touré ?</strong></p>
<p>Les putschistes ont présenté comme argument le fait que l&#8217;armée était en train de perdre du terrain parce qu&#8217;elle n&#8217;était pas bien équipée. Donc, la première question qu&#8217;on peut se poser est la suivante :<br />
Comment l&#8217;armée malienne, forte de 7.500 hommes, équipée de 33 chars et 16 avions de combat et de plusieurs hélicoptères a-t-elle pu perdre si rapidement du terrain devant des groupes rebelles dont les effectifs ne dépassent pas 2.000 ou 3.000 ?<br />
Tout d&#8217;abord, je pense que dans les guerres modernes ce n&#8217;est pas le nombre, ni même le courage qui importent le plus. C&#8217;est d&#8217;abord la stratégie et l&#8217;équipement militaire. Il faut donc se garder d&#8217;avoir recours aux explications racistes du type « couardise de l&#8217;homme noir », comme le sous-entendent à profusion les médias ; en insistant sur « la fuite », « la débandade », etc. de l&#8217;armée malienne.  Une telle situation n&#8217;est pas inouïe dans l&#8217;histoires des guerres modernes. Il y a même beaucoup trop d&#8217;exemples : il n&#8217;a pas fallu plus de 40 jours a l&#8217;armée allemande pour mettre en déroute l&#8217;armée française et occuper le pays (provoquant la fuite effarée des civils et des militaires vers des zones plus sécurisées) ; alors que la France était l&#8217;une des [premières] puissances militaires de l&#8217;époque.<br />
Je ne crois pas que l&#8217;armée malienne ait perdu de vraies batailles, car il n&#8217;y avait pas de vraies batailles. A chaque fois qu&#8217;il y avait des engagements, l&#8217;armée malienne recevait l&#8217;ordre de faire des « replis tactiques », autrement dit de céder le terrain aux assaillants. D&#8217;où venaient ces ordres ? Ces derniers jours la raison fondamentale de ces défaites est apparue au grand jour. Celui qui commandait l&#8217;armée malienne au Nord, et qui donnait les ordres de repli, était un officier Touareg qui, il y a tout juste 4 jours, a fait défection avec 12 autres officiers Touaregs et rejoint&#8230;la rébellion qu&#8217;il était supposé combattre.</p>
<p>Cette défection est intervenue une fois l&#8217;objectif de l&#8217;occupation de toute la zone Nord du pays a été atteint. Donc, <strong>El Hadj Gamou</strong>, qui commandait l&#8217;armée malienne au Nord, et qui donnait les ordres de repli, n&#8217;était qu&#8217;une taupe de la rébellion. Voila l&#8217;une des raisons des victoires faciles des rebelles. Dans toutes les armées du monde, les soldats ne font qu&#8217;obéir aux ordres de leurs supérieurs. Quand on leur dit de se replier, ils se replient. Par exemple, lors des tout derniers combats a Gao, l&#8217;armée a fait subir un échec cuisant aux rebelles islamistes qu&#8217;elle avait réussi a chasser de la ville. Puis, inexplicablement, l&#8217;ordre est venu de Bamako, de Sanogo lui-même, de « ne pas prolonger le combat » et de se replier. Personne ne sait comment il a pu donner de tels ordres quelques heures seulement après avoir annoncé avec triomphalisme que les rebelles étaient chassés de la ville.</p>
<p>Pourquoi Amadou Toumani Touré a-t-il confie le commandement de l&#8217;armée a des gens qui étaient pour la plupart eux-mêmes des anciens rebelles intégrés dans l&#8217;armée malienne à la suite d&#8217;accords intervenus dans le cadre d&#8217;anciennes rebellions touarègues?  L&#8217;explication officieuse était qu&#8217;ils connaissaient mieux le terrain. L&#8217;autre explication était qu&#8217;il ne fallait pas donner l&#8217;impression que seules les ethnies du Sud combattaient les rebelles Touaregs, et que donc il y avait d&#8217;un côté les Maliens et de l&#8217;autre les Touaregs. Cela avait bien évidemment ses avantages mais aussi ses inconvénients, comme on l&#8217;a vu avec la défection de cet important chef de l&#8217;armée.</p>
<p>C&#8217;est exactement le scenario ivoirien qui était répété ici, puisque l&#8217;armée ivoirienne (à l&#8217;exception de la garde présidentielle) n&#8217;avait pas combattu les rebelles, se contentant de plier bagages sous l&#8217;injonction de ses chefs, à  chaque fois qu&#8217;on annonçait une offensive imminente. Tout comme Toumani Touré (et a peu près pour les mêmes raisons d&#8217;ailleurs) Gbagbo n&#8217;avait pas confié l&#8217;armée à des officiers suffisamment loyaux pour le défendre au moment crucial. Et tout comme Gbagbo, ses scrupules et ses hésitations l&#8217;ont perdu, car cela créait la méfiance, la désunion et le désarroi au sein de l&#8217;armée.</p>
<p>Le coup d&#8217;Etat est intervenu au moment même où Toumani Touré recevait l&#8217;appui officiel de la CEDEAO, des Etats-Unis et de la Chine, au moment où il avait acheté de nouvelles armes pour mieux équiper l&#8217;armée et s&#8217;apprêtait a la restructurer.<br />
Y-a-t-il eu complot et faut-il y voir la main de la France ?</p>
<p>Je crois d&#8217;abord qu&#8217;il faut surtout y voir la stupidité et la cupidité de quelques officiers ignares qui croyaient leur heure venue. Ceux-ci étaient donc prêts à faire feu de tout bois, y compris à s&#8217;allier a ceux qui avaient intérêt à renverser Amadou Toumani Touré, au premier rang desquels la France.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Contribution d’un internaute au pseudonyme de Samuel</p>
<p>Forum du site Grioo.com</p>
<p>02 avril 2012</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/un-regard-geostrategique-sur-la-crise-du-mali/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Généalogie de la xénophobie européenne</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/genealogie-de-la-xenophobie-europeenne/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/genealogie-de-la-xenophobie-europeenne/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 06:53:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[négrophobie]]></category>
		<category><![CDATA[PopoK]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté militaire]]></category>
		<category><![CDATA[xénophobie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=562</guid>
		<description><![CDATA[Au fond, la négrophobie n’est qu&#8217;une modalité parmi d&#8217;autres de la phobie de l&#8217;autre profondément ancrée dans la civilisation occidentale. Il n’y a pas d&#8217;autre civilisation dont l&#8217;histoire est jalonnée d&#8217;autant de guerres, entre les Européens/Occidentaux eux-mêmes, entre eux et d&#8217;autres. Le Nègre est physiquement et symboliquement l&#8217;autre le plus radicalement autre du Blanc. Cela]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/10/moutons-noirs-gd.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-564" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/10/moutons-noirs-gd.jpg" alt="Affiche xénophobe d'un parti politique européen (Suisse)" width="263" height="358" /></a></p>
<p>Au fond, la négrophobie n’est qu&#8217;une modalité parmi d&#8217;autres de la phobie de l&#8217;autre profondément ancrée dans la civilisation occidentale. Il n’y a pas d&#8217;autre civilisation dont l&#8217;histoire est jalonnée d&#8217;autant de guerres, entre les Européens/Occidentaux eux-mêmes, entre eux et d&#8217;autres. Le Nègre est physiquement et symboliquement l&#8217;autre le plus radicalement autre du Blanc. Cela peut suffire à expliquer qu&#8217;il ait souffert le plus sévèrement « la férocité blanche ». La phobie de l&#8217;Autre que l&#8217;on rencontre chez les Blancs est antérieure à la civilisation occidentale, et plonge ses racines dans la civilisation gréco-romaine.<span id="more-562"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Au temps gréco-romain</strong></p>
<p>L&#8217;explosion de l&#8217;île de Santorin, vers -1400 ans, met un terme brutal à la civilisation minoenne. Les populations survivantes, notamment crétoises, fuyant cette catastrophe rallient, entre autres, les côtes septentrionales de la Méditerranée. Elles y rejoignent des peuples originaires des plaines danubiennes qui avaient été attirés vers la mer par la prospérité des villes égéennes (Cnossos, Gournia, Amminos, etc). Ces croisements de flux démographiques nord-sud et sud-nord en Méditerranée septentrionale et orientale constituent la principale matrice anthropologique de génération de la civilisation gréco-romaine. Au début du deuxième millénaire avant l&#8217;ère chrétienne (-1600), les gens d&#8217;Asie occidentale venus s&#8217;établir en Méditerranée ne sont même pas encore organisés en tribus. Ils vivent en groupes de familles nucléaires très indépendantes les unes des autres, propriétaires respectives des terres qu&#8217;elles occupent, ayant chacune leurs dieux et cultes, vivant en intelligence précaire les unes avec les autres (interdit de l&#8217;exogamie, dieux Termes, etc.). Le père, en tant que chef de famille, est la figure dominante de ce type de société atomistique qui se répand dans tout le bassin méditerranéen. Il devient la puissance codificatrice des rapports se nouant entre les différentes familles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais les mouvements démographiques provoqués par l&#8217;explosion de l&#8217;île de Santorin perturbent cette configuration sociologique en bouleversant les rapports sociaux qu&#8217;elle détermine. Alors, une coalition des familles les plus riches, qui possèdent le plus de biens et de terres (qui donc ont quelque chose à perdre et/ou à partager avec de nouveaux arrivants), se constitue en vue de défendre leurs possessions de l&#8217;inéluctable convoitise des émigrants. C&#8217;est ainsi que se forme la caste des Patriciens et que se justifie la tradition grecque de la Borne sacrée (ou étrusque du Sillon sacré) qui matérialise le caractère inaliénable de la propriété terrienne, dans un contexte méditerranéen d&#8217;exiguïté et de rareté des terres. D&#8217;autres dispositions institutionnelles, notamment en ce qui concerne l&#8217;accès à la cité, viendront protéger les situations établies contre l&#8217;éventuelle convoitise des émigrants&#8230; Où l&#8217;on voit que les lois contre l&#8217;immigration, ou celles sur « l’immigration choisie », ne datent pas d&#8217;hier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Au Temps de l’Europe</strong></p>
<p>Pendant des millénaires, les conditions écologiques – d’extrême glaciation &#8211; ont été particulièrement hostiles à l’épanouissement de la geste civilisationnelle en Europe. D’où un rythme d’évolution démographique quasiment au ralenti jusqu’au Moyen-Age. Jusqu’au XIème siècle de l’ère chrétienne, les mouvements migratoires qui peuplent l’Europe y amènent des populations qui, à chaque fois, remettaient en cause les situations établies par leurs prédécesseurs. Ce, d’autant plus aisément que les formations socio-politiques autochtones étaient miniscules et fragiles. Leur vulnérabilité avait été accrue par les impérialismes romains et arabes. Dans de telles circonstances, pour assurer la sécurité et la stabilité de quelque institution indigène, il devenait nécessaire et vital de la protéger contre les forces extérieures dont les contacts s’étaient avérés si souvent dévastateurs.</p>
<p>De là la phobie de l’autre, de cet étranger qui n’est jamais venu ici que pour perturber de fragiles équilibres socio-historiques si péniblement arrachés à une nature si peu clémente. Ce qui attachait les serfs à la glèbe c’était l’assurance que leur intégrité physique serait préservée des dangers tels que le banditisme, le vandalisme, les razzias et pillages. Ce qui lie les citoyens dans l’Etat-nation, c’est un passé commun fait essentiellement de sang versé au compte de la chère patrie. A part ça, ce sont des concurrents (au moins potentiels) les uns des autres dans des rapports principalement marchands. Point donc de véritable socle commun, autre que la défense contre l’étranger-ennemi.</p>
<p>A partir du XVIème siècle, rassemblant des moyens militaires sans précédent, l’Europe part à l’assaut de l’étranger, qu’elle ira débusquer jusqu’aux extrêmes limites de l’œcoumène ; dans une « mission civilisatrice » qui visait la réduction pure et simple de toute altérité. Ayant éliminé tout interlocuteur/concurrent, l’Europe se découvre elle-même diverse, source intarissable d’altérités. Dès lors l’ennemi n’était pas un lointain autre ; c’était littéralement l’autre-moi, celui qu’en tuant je m’assassinais. L’affrontement de l’Europe avec elle-même, qui se déroula en deux temps (1914-18 / 1939-45) fut d’une violence indicible, qui la laissa pour une énième fois exsangue, dévastée.</p>
<p>En observant un planisphère on voit que l&#8217;Europe (si l&#8217;on ne tient compte de la Sibérie) se trouve au centre de l&#8217;oecoumène, des terres habitées par l&#8217;homme. Que depuis des millénaires elle est régulièrement traversée par différents courants humains/culturels, qui sont sa principale source de dynamisme civilisationnel ; mais aussi une source permanente de conflits (au moins potentiels) entre ceux qui sont déjà là et ceux qui viennent seulement d&#8217;y être. En comparaison, il n&#8217;y a pas eu d&#8217;étranger/Blanc en Afrique avant les Heka Khasiouta (Hyksos) ; a fortiori en Afrique subsaharienne avant le premier millénaire chrétien. Très tôt la figure de l&#8217;autre s&#8217;est imposée chez les Blancs comme une menace, de conflits et/ou de changements.</p>
<p>Bref, la phobie de l’autre, sous toutes formes, est un des plus puissants moteurs de l’histoire de l’Europe/Occident. Beaucoup d’événements pourraient trouver leur explication dans l’analyse psychosociologique de cette xénophobie viscérale, atavique. Pour s’en préserver, les Etats panafricains doivent réunir dans les plus brefs délais une capacité de dissuasion militaire à la mesure des pulsions bellicistes de l’OTAN et de ses consorts. En tout état de cause, pour leur part, les panafricanistes devraient acter une fois pour toutes que sans la constitution d’un pouvoir de Défense &amp; Sécurité efficace, il ne pourra jamais y avoir de Renaissance civilisationnelle panafricaine pérenne face à des Occidentaux qui n’ont jamais hésité à massacrer l’Autre pour le dépouiller.</p>
<p>A cet égard, les réserves africaines d’uranium, et autres matières stratégiques, devraient être progressivement interdites d’accès aux Etats impérialistes qui s’en servent pour fabriquer des bombes qu’ils déversent sur les Autres ; comme en août 1945 à Hiroshima et Nagazaki, ou actuellement en Lybie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right"><strong>PopoK</strong></p>
<p style="text-align: right">Octobre 2011</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/genealogie-de-la-xenophobie-europeenne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Back-To-Africa !</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/back-to-africa/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/back-to-africa/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2011 17:29:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Prospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Back to Africa]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora]]></category>
		<category><![CDATA[panafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[PopoK]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=557</guid>
		<description><![CDATA[Qu’on ne s’y méprenne pas : le retour vers l’Afrique de la Diaspora des déportations est d’abord un retour paradigmatique à soi-même, en tant qu’Africain qui reconquiert activement son autonomie de pensée et d’action ; partout et en toute circonstance. Une telle conception du « Back-to-Africa » n’implique donc pas nécessairement un retour géographique en Afrique, bien que ce]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’on ne s’y méprenne pas : le retour vers l’Afrique de la Diaspora des déportations est d’abord un retour paradigmatique à soi-même, en tant qu’Africain qui reconquiert activement son autonomie de pensée et d’action ; partout et en toute circonstance. Une telle conception du « Back-to-Africa » n’implique donc pas nécessairement un retour géographique en Afrique, bien que ce soit assurément une condition préalable à l’exercice avec succès du droit naturel de chaque Nègre à s’établir librement au Pays-des-Ancêtres, pour y vivre et s’épanouir.</p>
<p>On entend par « diaspora des déportations », les Africains nés et vivant hors d’Afrique, parce que l’un au moins de leurs ascendants a été déporté par les Européens lors du Yovodah. Deux des populations emblématiques de cette Diaspora africaine consistent aux Africains-Américains et aux Africains-Caribéens. A ceux-là, et à tous les autres, des politiques publiques africaines volontaristes et innovatrices doivent enfin ( !) permettre de regagner le continent de leurs ancêtres &#8211; pour ceux qui le souhaiteraient expressément – dans les meilleures conditions socio-économiques de Renaissance panafricaniste. La récente proposition du président Wade, d’une dotation foncière gratuite aux Ayitiens souhaitant s’installer au Sénégal, est l’occasion de réintroduire aux débats des propositions alternatives. <span id="more-557"></span></p>
<p style="text-align: center">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/Triniview-2011.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-559" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/Triniview-2011.jpg" alt="Trinidad &amp; Tobago : Année internationale des Afrodescendants" width="450" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center">&nbsp;</p>
<p><strong>Les Africains-Américains</strong></p>
<p>La population carcérale africaine-américaine est proportionnellement la plus nombreuse aux EUA. De même, parmi les citoyens étasuniens les plus pauvres, les Africains-américains sont les plus nombreux. Chacun de ces vaincus de l’ultralibéralisme coûte quelque somme en dollars à la Fédération et aux Etats américains. Sans préjudice des causes structurales de cet état de fait, voici l’esquisse d’une idée visant à proposer à certains de ces sœurs et frères une véritable chance de reconquérir leur vie, leur dignité d’êtres-humains.</p>
<p>On suggère que soit calculé, et périodiquement actualisé, le coût budgétaire moyen mensuel de chaque prisonnier et de chaque pauvre. Une dotation financière de sept ans (84 fois ce coût) serait allouée à tout prisonnier ou pauvre Africain-américain consentant librement à refaire sa vie en Afrique Noire, le pays de ses ancêtres. Des associations caritatives africaines-américaines pourraient augmenter cette dotation initiale. Le consentement de chaque candidat serait recueilli solennellement, en présence de parents et amis, par une autorité publique étatsunienne assermentée.</p>
<p>En contrepartie de ce programme, le candidat renoncerait pour vingt ans à séjourner sur le territoire étasunien (même ponctuellement, et sous aucun prétexte), et serait assigné à résidence en Afrique Noire pour le même délai. En aucun cas ce candidat ne serait déchu, même provisoirement, de sa citoyenneté américaine. Mais il pourrait adopter la citoyenneté de son pays africain d’accueil, au plus tard à l’issue de sa dix-neuvième année du programme. Une institution fédérale serait créée pour organiser et coordonner le programme, notamment par la mise à disposition gratuite de toutes informations sur l’Afrique Noire nécessaires et pratiques pour le succès du projet.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Du programme</strong></p>
<p>Dans le cadre d’un stage propédeutique, tout candidat retenu recevrait (dans des instituts crées à cet effet idéalement à Luanda, Cape Coast, Gorée, Ouidah, etc.) une formation afrocentrée de six (6) mois sur l’histoire générale de l’Afrique et des Africains depuis l’hominisation jusqu’à l’époque contemporaine, ainsi que des cours de spiritualité, langues et arts africains.</p>
<p>A l’issue de ce premier stage, l’accord du candidat devra être à nouveau recueilli de manière expresse, définitive et irrévocable. Au bout de ces six mois, chaque candidat choisit un pays africain de destination parmi ceux qui auront préalablement donné leur accord de participation au programme.</p>
<p>Chaque pays africain membre sera représenté au sein d’une commission multipartite (EUA-Afrique) d’évaluation des candidatures. Cette commission accueillera plus tard d’anciens candidats ayant réussi leur retour en Afrique. Elle devra être dirigée à terme par les représentants de ces derniers, qui connaîtront mieux que quiconque les modalités les plus efficaces pour optimiser les ressources du programme.</p>
<p>En échange de 20% de sa dotation initiale, le candidat recevra dans son pays d’accueil :</p>
<p>- un logement, au titre de propriétaire</p>
<p>- un visa de long séjour et un titre de résident permanent</p>
<p>- une initiation à la constitution, à l’administration et à la culture locales</p>
<p>- un soutien scolaire et/ou une formation professionnelle de son choix</p>
<p>- une aide à la création de micro-entreprise ou à la recherche d’emploi</p>
<p>Le « kit » ci-dessus devra être pourvu à chacun dans un délai maximum de six mois, sauf le logement et le visa qui seront à pourvoir immédiatement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les Africains-Caribéens</strong></p>
<p>Dans le même ordre d’idée, on suggère que Madinina, Karukéra et le département de la Seine-Saint-Denis signent des conventions de coopération avec des pays africains, telles que :</p>
<p>- tout « chômiste » de la diaspora résidant sur leur territoire qui consent librement à refaire sa vie en Afrique Noire, bénéficie d’un programme d’accompagnement quinquennal partiellement financé par ces collectivités nationale et locales.</p>
<p>En contrepartie de ce programme, le candidat renonce à toute aide financière publique ou para publique, toute prestation sociale, pendant dix ans. Il renonce également  à séjourner en France, voire en Europe, pour la même période. Le candidat s’engagerait fermement à résider dans un pays africain de son choix pendant au moins dix ans. Les couples ou familles de « chômistes » seraient éligibles à ce programme. Mais le consentement d’enfants majeurs serait expressément recueilli séparément. De même, tout enfant arrivé à majorité au cours du programme pourrait refuser expressément d’y participer et regagner de plein droit le pays de provenance de ses parents, en en recevant la citoyenneté.</p>
<p>Chaque candidat recevrait une dotation initiale équivalent à 36 mois de SMIC courant français, soit le double pour un couple, versée en une ou plusieurs fois selon ses besoins. En échange du renoncement à leur Couverture Maladie Universelle, le programme financerait la construction de deux hôpitaux pour petite ville à Luanda, Cape Coast, Gorée et Ouidah, entièrement équipés aux normes OMS. Le personnel de ces hôpitaux serait entièrement recruté en Afrique et parmi les candidats au programme, au plafond des salaires localement en vigueur.</p>
<p>Le stage propédeutique se ferait aux mêmes conditions que précédemment indiquées, en anglais, français, kréyol et en langues africaines locales. Les autres dispositions seraient identiques à celles du programme étasunien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>***</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Outre l’intérêt politico-historique évident qu’en pourrait tirer l’Afrique, la mise en œuvre d’une telle idée aurait pour conséquence de lui apporter de nombreux talents et énergies nègres gaspillés en Occident, où apparemment ils seraient en excès : dans cette population de naufragés du capitalisme sauvage, on trouve des sportifs, musiciens, peintres, littérateurs, artisans, employés, ouvriers, etc. Sans oublier l’aspect financier, car le potentiel de ce programme consiste en des millions de pauvres et prisonniers négro-américains, qui induiraient à terme des centaines de millions de dollars de flux financiers vers l’Afrique.</p>
<p>Plus fondamentalement, il s’agira d’organiser le retour en Afrique de ses fils de la Diaspora, en administrant la preuve par l’exemple que le Pays-des-Ancêtres peut devenir le pays de leur vraie chance de se reconnecter à eux-mêmes comme acteurs d’un avenir individuel et collectif prospère. Il s’agit en somme d’implémenter la stratégie panafricaniste dite « Back to Africa », si chère aux illustres ancêtres Paul Coffie et Marcus Garvey.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right">PopoK</p>
<p style="text-align: right">Septembre 2011</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/back-to-africa/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tant de théories, si peu de pratique&#8230;</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/le-passage-a-lacte-est-le-plus-difficile/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/le-passage-a-lacte-est-le-plus-difficile/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 15:51:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kouokam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prospectives]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[douala]]></category>
		<category><![CDATA[election]]></category>
		<category><![CDATA[kemi Seba]]></category>
		<category><![CDATA[kemwana]]></category>
		<category><![CDATA[Kongo]]></category>
		<category><![CDATA[Lumumba]]></category>
		<category><![CDATA[Mungwama]]></category>
		<category><![CDATA[Sankara]]></category>
		<category><![CDATA[sawa]]></category>
		<category><![CDATA[sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[Shomari]]></category>
		<category><![CDATA[stokely]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=246</guid>
		<description><![CDATA[On le sait, l&#8217;Afrique est au fond d&#8217;un gouffre qui ne cesse de s&#8217;approfondir jour après jour. Le but de cet article n&#8217;est pas de revenir sur les causes. Mais plutôt d&#8217;en venir à l&#8217;une de ses conséquences. A savoir un questionnement logique sur des solutions à apporter. Un peu partout autour de chacun de]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_520" class="wp-caption alignleft" style="width: 181px"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/Stokely-Carmichael-Civil-rights-activist-resigned-as-Prime-Minister-of-the-Black-Panther-Party.jpg"><img class="size-full wp-image-520" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/Stokely-Carmichael-Civil-rights-activist-resigned-as-Prime-Minister-of-the-Black-Panther-Party.jpg" alt="Stokely-Carmichael, théoricien du black power. " width="171" height="130" /></a><p class="wp-caption-text">Stokely-Carmichael, théoricien du black power. </p></div>
<p style="text-align: justify">On le sait, l&#8217;Afrique est au fond d&#8217;un gouffre qui ne cesse de s&#8217;approfondir jour après jour. Le but de cet article n&#8217;est pas de revenir sur les causes. Mais plutôt d&#8217;en venir à l&#8217;une de ses conséquences. A savoir un questionnement logique sur des solutions à apporter. Un peu partout autour de chacun de nous fleurissent des masses de théoriciens. Qu&#8217;ils soient dans la diaspora ou sur le continent, il est aujourd&#8217;hui facile de trouver des théoriciens de ce qu&#8217;on appelle couramment la renaissance Africaine, ou d&#8217;une de ces branches (culture, social, économique, etc&#8230;). Essayons de comprendre pourquoi un si grand nombre de courants de pensées existe, pourquoi ils &laquo;&nbsp;<em>ne tiennent souvent pas la route</em>&laquo;&nbsp;, et surtout pourquoi nous sommes face à si peu d&#8217;applications concrètes.<span id="more-246"></span></p>
<p style="text-align: justify">Définir une théorie, bancale ou non,  ne demande que son cerveau et parfois très peu de temps. Chacun a une théorie sur le développement de l&#8217;Afrique, même les individus les plus médiocres de la communauté. Pour définir une théorie, une personne s&#8217;inspire de ce qu&#8217;elle connait et de ses expériences. Partant du principe que plus on en apprend et plus on se rend compte de son ignorance, le vrai théoricien considère qu&#8217;il doit passer sa vie à apprendre pour enrichir sa pensée qui par conséquent n&#8217;est pas figée.  Parmi le peuple Africain force est de constater qu&#8217;il existe toutes sortes de pensées, y compris les plus irrationnelles. Et nous pouvons approximativement distinguer deux branches: les radicaux (volonté de prendre les problèmes à la racine), et les autres qui ne cherchent pas les causes d&#8217;un problème, mais plutôt seulement à s&#8217;adapter à une réalité bonne ou mauvaise pour eux. Cette seconde branche n&#8217;a aucun avenir positif. La question est: Pourquoi cette branche est si épaisse? Notre peuple a été rabaissé de la pire des façons dans l&#8217;histoire, et parmi les crimes subits, si nous devions les trier, nous pourrions placer l&#8217;effacement de mémoire collective historique comme l&#8217;un des pires. Et force est de constater que le proverbe &laquo;&nbsp;<em>connais d’où tu viens pour savoir ou tu vas</em>&nbsp;&raquo; est beaucoup plus connu qu&#8217;il n&#8217;est appliqué, avec pour conséquences directes des propositions de théories de développement souvent farfelues car ne s&#8217;appuyant pas sur notre propre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradigme" target="_blank">paradigme</a>. Une théorie peut avoir l&#8217;air parfaitement cohérente, mais lorsque qu&#8217;elle se base sur un postulat biaisé elle ne peut résister au test de la pratique et est voué à l’échec à  terme. Les postulats faux rencontrés souvent sont par exemple &laquo;&nbsp;<em>confiance en l&#8217;onu</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>confiance en la banque mondiale et autre organisme financier de développement pour financer grands et micro-projets</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>s&#8217;allier avec des occidentaux</em>&nbsp;&raquo; alors même que l&#8217;Afrique n&#8217;est pas unie, dire que &laquo;&nbsp;<em>la Chine c&#8217;est mieux que l&#8217;occident, on sera aussi gagnant</em>&nbsp;&raquo; alors qu&#8217;un prédateur reste un prédateur, croire que garder une langue nationale occidentale est un bien car cela empêche le tribalisme, et n&#8217;importe qu&#8217;elle théorie ou postulats de développement humain, économique et culturel ne prenant pas en compte les réalités historiques et culturelles Africaines (on pourrait encore en citer des dizaines), ni les même les réalités des rapports entre l&#8217;Afrique et le reste du monde à travers le temps. Car le monde est d&#8217;une violence incroyable avec l&#8217;Afrique. Une quelconque théorie de développement qui ne prend pas ce paramètre en compte est faussée directement. Avec ces paramètres, il est facile de valider ou non une théorie. Cet effacement de mémoire cité plus haut a aussi pour conséquence un mépris voilé ou non, envers l&#8217;Afrique et tout ce qui vient d&#8217;Afrique. Du fait de ce mépris, même les individus les plus médiocres, les plus stupides, les moins &laquo;&nbsp;<em>instruits</em>&nbsp;&raquo; se permettent de parler à tort et à travers de l&#8217;Afrique et croient pouvoir se permettre non seulement de débattre sérieusement, mais en plus de théoriser dessus car ils savent qu&#8217;il n&#8217;y a pas de limite à ne pas dépasser dans l&#8217;insulte de l&#8217;Afrique. L&#8217;impunité est totale.</p>
<p style="text-align: justify">La pratique est l&#8217;unique test et ses barrages sont nombreux. Une théorie bancale qui ne s&#8217;est pas encore perdue en route ne résiste pas au test de la pratique. Dans la diaspora combien parlent de l&#8217;Afrique mais ne l&#8217;ont jamais foulé! ou alors l&#8217;ont quitté il y a plus de 15ans. Et pourtant prendre la &laquo;&nbsp;<em>température du pays</em>&nbsp;&raquo; est déjà un pas dans la pratique, c&#8217;est même le 1er et le plus simple. Mais les excuses, avouées ou non, valables ou non, sont nombreuses: Soit-disant manque de temps ou d&#8217;argent, peur du retour, peur du dépaysement après trop d&#8217;années à l’extérieur, etc&#8230; mais le plus grand frein reste la peur de la mort et de la violence. S&#8217;il est facile d&#8217;écrire et parler en étant en occident, mettre en pratique sera d&#8217;autant plus difficile que la théorie est bonne. Car plus elle est bonne et visible, et plus elle passe forcément par un changement radical des systèmes en place actuellement. Et moins elle accepte le compromis. Qui dit remise en question du système dit mise en péril de sa propre vie. Et rares sont les personnes prêtes à mettre leur vie en jeu pour pratiquer la théorie. C&#8217;est le barrage de la peur, une prise de risque qui peut tourner court rapidement. On ne meurt qu&#8217;une fois dans la vraie vie. C&#8217;est cette peur qui parfois fait changer de camp des théoriciens qui la veille encore fulminaient contre le pouvoir en place.</p>
<p style="text-align: justify">Pour éviter le risque de se faire écraser et pouvoir appliquer leurs théories, certains prennent les armes. Prendre une arme pour le peuple est un acte d&#8217;amour. C&#8217;est un acte   véritable d&#8217;amour pour les siens et sa terre. &laquo;&nbsp;se battre&nbsp;&raquo; sur le   &laquo;&nbsp;terrain&nbsp;&raquo;. C&#8217;est un choix radical, mais souvent nécessaire. Car pour citer Malcolm X, &laquo;&nbsp;<em>s&#8217;il parle le langage des fusils, parlez lui le langage qu&#8217;il comprend</em>&laquo;&nbsp;. Certains ont mis, avec plus ou moins de succès, ces atouts de leur côté. Comme par exemple Sankara (Coup d&#8217;Etat sans effusion de sang, mais par la dissuasion), Toussaint Louverture, Dessalines, Marighella, et d&#8217;autres qui hélas ont perdu la vie avant de pouvoir appliquer leurs théories. Mais la prise du pouvoir par les armes (ou non comme Lumumba) ne signifie pas non plus réussite systématique de l&#8217;application des théories. Car si la théorie n’évolue pas, c&#8217;est à dire, si les théoriciens n&#8217;apprennent plus et ne cherchent plus à apprendre et comprendre le monde qui les entoure et à puiser dans leurs origines, alors tout leur travail pour arriver au poste d&#8217;application aura été inutile. Sankara a été tué facilement car il ne s&#8217;est peu être pas assez vite adapté à ses adversaires. Lumumba en oubliant de parler le langage de la violence, c&#8217;est à dire le langage du néocolonisateur, s&#8217;est laissé attraper facilement, Um Nyobé a fait confiance aveuglément à l&#8217;ONU, enfin Dessalines et autres haïtiens, tout comme Marcus Garvey n&#8217;ont jamais repris contact avec la source Africaine pour mieux s&#8217; inspirer de leur histoire. Bien sur, malgré leurs multiples erreurs, ces hommes restent des modèles. ils  étaient sur le bon chemin, mais avec des données incomplètes.</p>
<div id="attachment_518" class="wp-caption alignleft" style="width: 150px"><a href="http://a2.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/s720x720/304191_2001346115508_1299213005_31805770_7621871_n.jpg" target="_blank"><img class="size-full wp-image-518" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/304191_2001346115508_1299213005_31805770_7621871_n.jpg" alt="" width="140" height="93" /></a><p class="wp-caption-text">Pépé Mungwama de l&#039;organisation Shomari, rentré au Kongo</p></div>
<p style="text-align: justify">Les armes  ne sont pas les seuls moyens d&#8217;expression donnés pour passer à l&#8217;acte. Pour rendre la population acquise à sa cause, il faut déjà être sur place. Car appliquer une théorie de développement social, politique, économique ou culturelle, c&#8217;est vouloir agir sur le peuple. Et exilé à  plus de 6000kms en occident, les chances d&#8217;aboutir à une quelconque application sont nulles. Écrire des tonnes de livres et d&#8217;articles en restant en exil ne remplacera jamais <a href="http://kemwana.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=59:fonds-panafricain-la-suite">la création  d&#8217;écoles panafricaines</a> sur le continent, ne remplacera jamais <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Fdgx5ymESc4&amp;feature=share">une candidature à un poste de maire</a>, ne remplacera jamais des créations d&#8217;emplois sur  place. C&#8217;est vers quoi s&#8217;orientent des organisations comme Shomari (Kongo), Kemwana (Cameroun) ainsi que Kemi Seba (Senegal). Nous avons pris l&#8217;habitude de ne prendre en exemple <strong>que</strong> les grands leaders comme Lumumba ou Sankara. C&#8217;est une erreur. Chacun peut agir sur un créneau plus pratique comme l’éducation, le réveil culturel, le médical, <a href="http://www.dailymotion.com/video/xdivjt_shomari-participe-a-la-reconstructi_news" target="_blank">l’hygiène, l&#8217;assainissement</a>, etc&#8230; Bref a une échelle qui peut paraitre moindre mais qui ne l&#8217;est pas du tout car alors le peuple voit qui travaille réellement pour lui. La seule condition est de se dire que l&#8217;on met en place une action pour qu&#8217;elle grandisse, et tout faire en sorte pour qu&#8217;elle puisse grandir et s&#8217;il faut, &laquo;&nbsp;<em> montrer à vos adversaires que vous êtes aussi en mesure de parler un langage qu&#8217;ils comprennent</em>.&nbsp;&raquo; Personne n&#8217;est obligé de jouer le jeu des hommes de pouvoir actuels. faites votre propre jeu, avec vos propres règles. <strong>La limite avec la violence est fragile, et être sur le terrain signifie jongler chaque jour avec cette frontière. Etre sur le terrain signifie vaincre sa peur et réduire au maximum les risques pour sa vie tout en restant efficace. Etre sur le terrain finalement est terriblement terre à terre, sans jeu de mot. </strong></p>
<div id="attachment_530" class="wp-caption alignright" style="width: 133px"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/263619_229681167063013_100000633942351_763856_7123919_n.jpg"><img class="size-full wp-image-530   " src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/09/263619_229681167063013_100000633942351_763856_7123919_n.jpg" alt="" width="123" height="91" /></a><p class="wp-caption-text">L&#039;organisation Kemwana et des jeunes Sawa sur la tombe de Douala Manga Bell, au Cameroun.</p></div>
<p style="text-align: justify">L&#8217;occident ne sert qu&#8217;à  pouvoir nous entrainer dans des &laquo;&nbsp;<em>conditions tranquilles</em>&laquo;&nbsp;,mais le jour  de la représentation, il faudra jouer sans filet. L&#8217;occident n&#8217;est  pas notre terrain de travail, et le croire revient à  s&#8217;inventer une vie en fantasmant une Afrique inventée de toute pièce,  comme revêtir le maillot d&#8217;une star du sport et se  prendre pour lui  sans vouloir refaire tout son difficile entrainement: C&#8217;est une  illusion. Le continent n&#8217;est pas  homogène et n&#8217;est pas partout un terrain de  guerre permanent. les gouvernements en place, bien que souvent  défaillants ou violents, ne le sont pas tous à la même échelle. Les appareils administratifs sont tellement faibles et mal organisés qu&#8217;ils leur sera difficile de bloquer les actions individuels positives. Alors quand vous vous sentirez prêts, devenez radical dans vos théories pour bien comprendre les problèmes, adoptez une branche dans laquelle vous voulez servir, étudiez-la bien et lancez-vous. Car personne ne vous en empêche, excepté vous même.</p>
<p style="text-align: justify">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/le-passage-a-lacte-est-le-plus-difficile/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Franc CFA est inspiré de l’EMONAZ !</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/le-franc-cfa-est-inspire-de-l%e2%80%99emonaz/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/le-franc-cfa-est-inspire-de-l%e2%80%99emonaz/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Sep 2011 10:38:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[EMONAZ]]></category>
		<category><![CDATA[Franc CFA]]></category>
		<category><![CDATA[François Ndengwe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=475</guid>
		<description><![CDATA[Ayant vaincu l’armée française en quelques jours, l’Allemagne nazie résolut d’asservir économiquement la France, entre autres, grâce à un subterfuge monétaire criminel appelé EMONAZ : External Monetary Nazism. Dans un article fort bien documenté, le professeur Sohjw Taadhieu NDENGWE montre comment ce procédé monétaire nazi de pillage économique des pays occupés (notamment Belgique, Pologne, Pays-Bas, France)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ayant vaincu l’armée française en quelques jours, l’Allemagne nazie résolut d’asservir économiquement la France, entre autres, grâce à un subterfuge monétaire criminel appelé EMONAZ : <em>External Monetary Nazism</em>. Dans un article fort bien documenté, le professeur Sohjw Taadhieu NDENGWE montre comment ce procédé monétaire nazi de pillage économique des pays occupés (notamment Belgique, Pologne, Pays-Bas, France) a inspiré les concepteurs de l’escroquerie du franc CFA &#8211; fomentée le 25 décembre 1945 -, que furent Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire), René Pleven (ministre des finances) et Jacques Soustelle (ministre des colonies).<span id="more-475"></span></p>
<blockquote><p><em> La victoire allemande sur la France en juin 1940 est véritablement la plus traumatisante défaite de l’histoire française. Elle ne fut pas seulement militaire, les troupes allemandes submergeant très aisément l’armée française. Elle fut aussi monétaire, et elle permit alors à l’Allemagne d’exercer sur le territoire majeur qu’elle venait de conquérir, le nazisme monétaire externe conçu par Goering et ses collaborateurs. […] Et la France se dépêcha dès qu’elle fut libérée, de refouler sur les Africains, la frustration et les terreurs, dont la terreur monétaire, que l’Allemagne lui avait infligées et qu’elle – la France – ne pouvait retourner contre les Allemands, malgré la défaite de l’Allemagne devant les Alliés. Il n’est pas négligeable, il est même essentiel de bien comprendre ce refoulement français, faute de quoi l’on manque un ressort essentiel de l’action prédatrice des gouvernements français en Afrique de 1945 à nos jours. Et l’on sait le rôle capital du franc CFA dans cette prédation.<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a><br />
</em></p></blockquote>
<p>Le nazisme monétaire externe (ou EMONAZ) a été appliqué en France dès juin 1940 jusqu’au dernier semestre 1945. Il consista dans un ensemble de mesures prises au niveau du Reichsmarshall Herman Wilhelm Goering, et mises en œuvre en France par Dr Hjalmar Schacht ; mesures visant à prendre le contrôle du système monétaire et bancaire français, afin de l’asservir aux impératifs stratégiques de prospérité économique de l’Allemagne. Au nombre des dispositions de l’EMONAZ, trois étaient particulièrement emblématiques.</p>
<p>D’une part, la dévaluation de 100% du franc français par rapport au mark, avec 1 mark pour 20 francs ; contre auparavant 1 pour 10. Ce qui fit geindre René Sédillot en ces termes :</p>
<blockquote><p><em>Avec les siècles, les formes du pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu’ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs. […] La parité de 20 francs, choisie et imposée par les vainqueurs n’était donc que l’expression d’une politique délibérément punitive à l’encontre de la France défaite et au seul bénéfice de l’Allemagne<a href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a>.<br />
</em></p></blockquote>
<p>D’autre part, les marks vendus 20 francs l’unité aux Français n’avaient cours légal nulle part ailleurs qu’en France ; ce qui en faisait une monnaie de singe réservée aux seuls vaincus en contrepartie de laquelle les vainqueurs aspiraient avidement la production de biens et services de l’économie française. Enfin, dans la convention d’armistice datée du 22 juin 1940, les autorités allemandes imposèrent aux Français vaincus de pourvoir aux frais financiers de l’occupation militaire de leur propre pays. D’abord, d’un montant mensuel de 300 millions de francs (soit 15 millions de marks), cette rançon mensuelle est passée à 500 millions de francs à partir de mai 1941.</p>
<p>Ainsi, en à peine cinq ans (1940 – 1945), les dispositions de l’EMONAZ permirent aux Nazis de piller l’économie française pour une valeur marchande de plusieurs milliards de francs. Or, le système monétaire du franc CFA directement inspiré de ces dispositions criminelles dure depuis 1945 jusqu’à nos jours, avec un mécanisme d’asservissement économique françafricain encore plus contraignant et plus cupide que ne le fut le nazisme monétaire externe<a href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p>Par exemple :</p>
<ul>
<li> entre 1945 et 1994, les manipulations vicieuses de taux de change ont divisé par 170 la contrevaleur du franc CFA en franc français (de 1F CFA pour 1.70 FF à 1 F CFA pour 0.01 FF) ;</li>
</ul>
<ul>
<li> les dettes contractées par la France en vue d’exploiter les richesses économiques de son empire colonial africain ont été transférées aux Etats françafricains vassaux qu’elle a installés en lieu et place des colonies, Etats « post-coloniaux » qui se retrouvent donc à devoir rembourser l’argent ayant servi à leur occupation militaire criminelle ;</li>
</ul>
<ul>
<li> le franc des colonies françaises d’Afrique n’a aucune existence légale en dehors des pays africains de la zone franc ; pis encore le CFA d’Afrique de l’Ouest n’est pas convertible en CFA d’Afrique centrale.</li>
</ul>
<p>Cette étroite corrélation systémique entre l’EMONAZ et le franc CFA nous enseigne, s’il en était encore besoin, que la souveraineté politique d’un Etat repose essentiellement sur ses capacités de Défense militaire et son droit de battre-monnaie librement. L’existence du franc CFA est une conséquence historique de la défaite militaire des Africains face à la France impérialiste ; la persistance de cette escroquerie monétaire est une expression cruciale de la permanence de l’hégémonie politique française sur les pays africains de la zone franc (PAZF) prétendument « indépendants ».</p>
<p>Ainsi, aussi longtemps que les Africains n’auront pas la capacité militaire de relever le défi de leur (re)colonisation, ils s’exposeront à la rapacité séculaire de pays pauvres en matières premières qui prospèrent grâce au pillage des ressources naturelles des autres, notamment de l’Afrique ; pillage facilité par des artifices monétaires comme le franc CFA.</p>
<p>En somme, pour parler véritablement de souveraineté politique dans les pays africains victimes du franc CFA, il conviendra d’anticiper toutes les conséquences militaires que suppose la reconquête du plein exercice du pouvoir monétaire public : <strong>sans armée, pas de monnaie</strong> ; et vice versa. La monnaie et l’armée sont les vrais piliers stratégiques de la souveraineté politique. De sorte que ceux des leaders politiques africains qui s’égosillent sur « la démocratie » et « la bonne gouvernance », sans avoir préalablement assuré les capacités militaire et monétaire de leur pays, font preuve d’une naïveté stratégique coupable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right"><strong>PopoK</strong></p>
<p style="text-align: right">Septembre 2011</p>
<div>
<hr size="1" />
<div>
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Sohjw Taadhieu NDENGWE, <em>L’extermination monétaire des Africains</em>, in Cours nouveau – Revue africaine de stratégie et de prospective, N°1-2, Mai-Octobre 2008, p.190.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> René Sédillot, <em>Le Franc enchaîné – Histoire de la monnaie française pendant la Guerre et l’Occupation</em>, éd. Sirey, 1945, pp.101-103. Extraits cités par Ndengwe Sohjw dans son article ci-dessus référencé.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Joseph Tchundjang Pouémi, <em>Monnaie, servitude et liberté – La répression monétaire de l’Afrique</em>, éd. Menaibuc, 2004.</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/le-franc-cfa-est-inspire-de-l%e2%80%99emonaz/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quel est le rôle de la diaspora?</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/quand-la-diaspora-renoue-avec-les-siens/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/quand-la-diaspora-renoue-avec-les-siens/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 21 Aug 2011 09:05:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kouokam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora]]></category>
		<category><![CDATA[elecam]]></category>
		<category><![CDATA[election]]></category>
		<category><![CDATA[endogène]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Kamerun]]></category>
		<category><![CDATA[kemwana etat néocolonial défi nyobe]]></category>
		<category><![CDATA[panafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[RDPC]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=440</guid>
		<description><![CDATA[Cet été des membres de l&#8217;organisation KEMWANA etaient au Cameroun pendant deux mois pour analyser la situation sur le &#171;&#160;terrain&#160;&#187;. D&#8217;Europe, malgré les recherches, les livres, les témoignages, et des analyses &#171;&#160;de bureau&#171;&#160;  il y aura toujours un ecart de perception avec une analyse de terrain. Nous vous faisons partager jour après jour nos différentes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft" src="http://kemwana.com/images/stories/logo%20kemwana.png" alt="" width="54" height="131" /></p>
<div style="text-align: justify">
<p>Cet été des membres de<a title="KEMWANA" href="http://www.kemwana.com/" target="_blank"> l&#8217;organisation KEMWANA</a> etaient  au Cameroun pendant deux mois pour analyser la situation sur le &laquo;&nbsp;terrain&nbsp;&raquo;. D&#8217;Europe, malgré les recherches, les livres, les témoignages, et des analyses &laquo;&nbsp;<em>de bureau</em>&laquo;&nbsp;  il y aura toujours un ecart de  perception avec une analyse de terrain. Nous vous faisons partager  jour après jour nos différentes sensations. Il  vous est fortement conseillé d&#8217;aller sur le facebook de KEMWANA afin d&#8217;y  voir aussi quelques photos.<span id="more-440"></span></p>
<p><strong>28 juin</strong>:  &laquo;&nbsp;Il y a un  travail monumental à effectuer au  niveau de l&#8217;identité. La vision à  court terme est la norme. Le peuple est malade, à l&#8217;image de toute le peuples Africains du monde. Et cette maladie s&#8217;exprime par la violence, l&#8217;auto-mutilation. Cette violence est  une réponse de frustration  proportionnelle à la violence qu&#8217;il subit de  la part de l&#8217;Etat  néocolonial.   Si nous ne bâtissons pas d&#8217;école dans  ce pays avec des programmes scolaires adaptés, il n&#8217;a  aucune chance de s&#8217;en sortir et nous continuerons à voir sortir des générations entières d&#8217;Africains n&#8217;ayant que peu d&#8217;amour et d&#8217;estime pour leur peuple et leur Terre. Des générations malades et qui ne comprendront pas pourquoi.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><a href="http://a8.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/317350_240818932623485_100000861398323_631473_1256953_n.jpg" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://a8.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/317350_240818932623485_100000861398323_631473_1256953_n.jpg" alt="" width="170" height="127" /></a>29 juin</strong>:  &laquo;&nbsp;Ne nous leurrons pas, la lecture n&#8217;est pas une priorité ici. Vous pouvez distribuer des livres gratuitement, ils seront utilisés en papier d&#8217;emballage au marché ou en papier hygiénique. Il faut réussir à cibler les bonnes personnes en attendant de réussir à faire changer les mentalités générales sur les livres. Un livre doit être considéré comme un trésor. Les  livres-clés Panafricains (C.A Diop, Malcolm X, Pouémi, Fanon, Garvey, etc&#8230;)sont au même prix  qu&#8217;en  Europe, c&#8217;est à dire  hors de portée pour la population. Certains valent la moitié d&#8217;un salaire moyen sur place! Je crois  que  Malcolm X, Sankara, ou  Um Nyobé n&#8217;en voudraient à personne, et même   seraient fiers que sur place des personnes s&#8217;organisent pour en faire des photocopies reliées car de toute façon personne n&#8217;ira les acheter au prix de vente actuel. Les droits dits d&#8217;auteur nous tuent et empêchent notre jeunesse de s&#8217;informer sur qui elle est et sur le monde qui l&#8217;entoure. Il est de son devoir de passer outre car c&#8217;est sa vie qui est en jeu.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>30 juin</strong>: &laquo;&nbsp;La jeunesse  du pays est fruit d&#8217;une anesthésie  tellement  généralisée, que les  universités ne ressemblent plus en rien à des   poudrières. Quelle mollesse! Les étudiants, à  quelques mois des élections, ne se sentent   même pas concernés alors  qu&#8217;ils risquent d&#8217;aller remplir un peu plus  le  lot de chômeurs du pays.  Cela doit changer. Une jeunesse Noire sans   idéologie politique est  vouée à être inutile.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><a href="http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/284293_10150241380664107_620244106_7385838_8097135_n.jpg" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/284293_10150241380664107_620244106_7385838_8097135_n.jpg" alt="" width="170" height="127" /></a>03 juillet</strong>:  &laquo;&nbsp;Les  dirigeants disent &laquo;&nbsp;<em>qu&#8217;il faut garder la  stabilité  sociale</em>&nbsp;&raquo; et le peuple  répète bêtement. Traumatisé par la  guerre des  années 60-70, les  anciens préfèrent mourir dans la médiocrité. Abreuvé  par les images TV,  la jeunesse répète que le  Cameroun ne veut surtout  pas la guerre  (comme au Rwanda,CIV, etc&#8230;).  <strong>Mais que vaut et qui  peut aimer la  stabilité dans l&#8217;inégalité?</strong> Cette peur de la guerre mise en place par le pouvoir en place affaiblie les gens et augmente très sensiblement le seuil de tolérance populaire au mal être et aux agressions étatiques (manque de soins, d&#8217;education, d&#8217;hygiène, de sécurité, etc&#8230;). C&#8217;est un réel problème car une personne qui perd sa sensibilité à l&#8217;injustice se perd elle-même et rend son esprit corruptible et manipulable. C&#8217;est cette sensibilité qui permet le mieux à l&#8217;homme de voir ce qui est le bien et ce qui est le mal.  En occident, il est considéré comme de l&#8217;immaturité d&#8217;être trop sensible à l&#8217;injustice. Il nous faut, en Afrique, strictement l&#8217;inverse. &nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>06 juillet</strong>:  &laquo;&nbsp;Quelle  apathie! Le peuple Camerounais n&#8217;aurait-il  que  ce qu&#8217;il mérite? A  quelques mois des élections, c&#8217;est triste à dire   mais, il n&#8217;y a pas  d&#8217;opposition valide. ni par le programme et encore   moins par la  présence (pas un tract ou meeting d&#8217;envergure entrevu,   etc&#8230;). Pour  vouloir le changement, il faut proposer une alternative  au  risque de  voir Paul Biya rester le seul gage d&#8217;une inégalitaire mais réelle   &laquo;&nbsp;<em>stabilité  sociale</em>&nbsp;&raquo; hélas. Dire qu&#8217;on ne s&#8217;intéresse pas à la  politique  c&#8217;est  stupide, pire, c&#8217;est criminel envers soit même et envers son entourage. C&#8217;est un devoir que de faire de la politique dans des pays à situations extrêmes comme les nôtres. Franz Fanon disait que chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission. Actuellement la majorité trahie. &nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>13 juillet</strong>: &laquo;&nbsp;Pour  s&#8217;implanter au pays, il ne faut jamais négliger  le problème de  l&#8217;insécurité. La vie peut se perdre en un  instant.  Créez vos  entreprises, faites de la politique, car tout est  possible.  Mais  surtout surtout: Prévoyez un budget conséquent pour votre   sécurité. Un  homme mort, même intelligent, ne sert plus à rien&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong><a href="http://a5.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/282721_229680140396449_100000633942351_763821_7696990_n.jpg" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://a5.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/282721_229680140396449_100000633942351_763821_7696990_n.jpg" alt="" width="171" height="127" /></a>17 juillet</strong>: &nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Nous  avons pu rencontrer une poignée de jeunes qui   sont totalement  conscients de l&#8217;Etat du Cameroun et de l&#8217;Afrique. Et   prennent leur  propre culture et des ouvrages de Diop pour se nourrir.  <a href="http://www.facebook.com/media/set/?set=a.229679930396470.62798.100000633942351" target="_blank">Les   voila le 10 juillet commémorant les Rois Douala en notre présence.    Prenez tous acte. Si dans notre pays personne ne prend le temps de    nettoyer les tombes de Um Nyobé et des autres géants, ne vous etonnez    pas que l&#8217;on avance pas</a>. Respectons nos morts. Ces jeunes prouvent que prendre la situation du pays comme excuse pour ne pas pouvoir réfléchir est une fausse excuse. Ces jeunes se sont organisés et donnent des cours de langue Douala aux jeunes de leur quartier avec les moyens du bord (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=izY_o8Ohwq0" target="_blank"><strong>video</strong></a>). N&#8217;hesitez pas à les soutenir en leur envoyant quelques messages car le renouveau du Continent passe par la revalorisation de nos langues et de nos cultures. Ils sont uniques au Cameroun et méritent l&#8217;attention de tous.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>20 juillet</strong>: &laquo;&nbsp;Pour un Camerounais moyen, prendre du galon économique signifie souvent prendre une carte du RDPC, le parti au pouvoir,  afin qu&#8217;on le laisse évoluer en paix. Le RDPC étant un passage obligé pour quiconque veut évoluer (travail social, travail économique), il entraine donc une corruption généralisée. Au Cameroun, mûrir pourrait signifier corruptible acceptant cette situation.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>22 juillet</strong>: &laquo;&nbsp;Notre pays a besoin  d&#8217;un Révolution. C&#8217;est un fait. L&#8217;état de dégradation est tel qu&#8217;il  faut une Révolution sociale,   culturelle, économique et politique pour  aboutir à un système de  gestion  social endogène. C&#8217;est l&#8217;unique  solution. Tout le reste n&#8217;est  que vain  discours. Cela ne signifie pas désordre, mais changement radical.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><a href="http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc7/308995_240817325956979_100000861398323_631471_4323493_n.jpg" target="_blank"><img class="alignleft" src="http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc7/308995_240817325956979_100000861398323_631471_4323493_n.jpg" alt="" width="172" height="129" /></a>24 juillet</strong>: &laquo;&nbsp;Dans certaines écoles rurales, les salaires dépassent à peine les 10000 FCFA/mois (15euros). Et il manque tout: Eau, électricité, professeurs formés, soins médicaux, livres, etc&#8230; La diaspora a donc un rôle important à jouer ici, celui de financier. Un euro valant 650FCFA, il serait assez aisé pour une centaine de personnes résidant en Europe de faire vivre au moins cinq écoles. Mais pour cela il faut s&#8217;organiser et arrêter une fois pour toute les pertes d&#8217;énergies dans plusieurs directions. Voila pourquoi avait été crée le<a href="http://www.fondspanafricain.com/" target="_blank"> fonds panafricain l&#8217;année dernière</a>, voila le véritable rôle de la diaspora: Celui de soutien matériel et financier.</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/quand-la-diaspora-renoue-avec-les-siens/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Inauguration du centre Panafricain Zenoo</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/inauguration-du-centre-panafricain-zenoo/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/inauguration-du-centre-panafricain-zenoo/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 18:29:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sambel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Initiatives]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=431</guid>
		<description><![CDATA[Il nous faut saluer le lancement du Centre Panafricain Zenoo, initié par des frères et soeurs de la Diaspora en Suisse. &#160; A suivre de très près&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il nous faut saluer le lancement du Centre Panafricain Zenoo, initié par des frères et soeurs de la Diaspora en Suisse.</p>
<iframe class="iframe-class" width="400" height="300" src="http://player.vimeo.com/video/23680020" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" allowtransparency="true"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p>A suivre de très près&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/inauguration-du-centre-panafricain-zenoo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>IVè Rencontre des Afrodescendants de Caracas</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/ive-rencontre-des-afrodescendants-de-caracas/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/ive-rencontre-des-afrodescendants-de-caracas/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Jul 2011 04:16:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Afrodescendant]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Everard Mbarga]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre de Caracas]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=421</guid>
		<description><![CDATA[Cette Rencontre de l&#8217;Afrodescendance en Amérique Latine et dans les Caraïbes s’est déroulée du dimanche 19 juin  au mardi 21 juin 2011 à l&#8217;Hôtel ALBA de Caracas. Après trois jours de débats qui ont réuni plus de six cents (600) délégués d&#8217;Amérique Latine, des Caraïbes et d&#8217;Afrique, les participants ont pris une résolution en six]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Blog de Guy Everard Mbarga" href="http://guyzoducamer.afrikblog.com/archives/actualites/index.html" target="_blank">Cette Rencontre de l&#8217;Afrodescendance en Amérique Latine et dans les Caraïbes s’est déroulée du dimanche 19 juin  au mardi 21 juin 2011 à l&#8217;Hôtel ALBA de Caracas.</a> Après trois jours de débats qui ont réuni plus de six cents (600) délégués d&#8217;Amérique Latine, des Caraïbes et d&#8217;Afrique, les participants ont pris une résolution en six points lors de la séance de clôture. Le député de l&#8217;Assemblée Nationale Aristóbulo Istúriz, l&#8217;un des promoteurs de ce conclave international, a lu chacun des articles de cette résolution mentionnés ci-dessous :</p>
<p><span id="more-421"></span></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/07/IVè-Rencontre-des-Afrodescendants1.png"><img class="size-full wp-image-426" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/07/IVè-Rencontre-des-Afrodescendants1.png" alt="Ouverture de la IVè Rencontre des Afrodescendants de Caracas" width="450" height="284" /></a></p>
<p style="text-align: center">&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Premièrement : </strong></p>
<p>Que la Communauté des États d&#8217;Amérique Latine et des Caraïbes (CEPALC) reconnaîsse les contributions morales, politiques, sociales et culturelles de l&#8217;afrod escendence dans la formation de notre Amérique, et à cet effet, ce premier accord comprend la création d&#8217;un Conseil Consultatif pour l&#8217;Amérique Latine et les Caraïbes .</p>
<p><strong>Deuxièmement : </strong></p>
<p>Créer le Conseil National pour les Communautés Afrodescendantes du Venezuela avec un statut interministériel pour approfondir l&#8217;éradication du racisme, de l&#8217;exclusion et de la discrimination.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Troisièmement : </strong></p>
<p>Créer le <strong>Fonds Afrodescendant de l&#8217;Alternative Bolivarienne</strong> pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), dont le but est de réparer les injustices faites aux communautés afrodescendants des pays membres de cet organisme et même de ceux qui n&#8217;appartiennent pas à l&#8217;Alba.</p>
<p><strong>Quatrièmement:</strong></p>
<p>Créer un Fonds de Solidarité envers Haïti pour aider le peuple haïtien à retrouver sa souveraineté.</p>
<p><strong>Cinquièmement : </strong></p>
<p>Exiger de l&#8217;OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) l&#8217;arrêt des bombardements de la Libye, l&#8217;interventionnisme militaire en Afrique du Nord, le respect de Feuille de Route pour la paix de l&#8217;Union Africaine et de mettre en œuvre la proposition diplomatique du président Hugor Chávez Frías.</p>
<p><strong>Sixièmement : </strong></p>
<p>Exiger des Nations Unies (ONU) l&#8217;implémentation du Forum Permanent des Afrodescendants.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le législateur, qui est vice-président du Parlement, a exhorté à l&#8217;interne, tous les Vénézuéliens et toutes les Vénézuéliennes à participer activement par leur contribution à la Loi contre la Discrimination Raciale, qui sera en seconde lecture en juillet. De plus, Istúriz a instamment invité le pays entier à renforcer les mouvements et les organisations qui luttent contre toutes les formes de discrimination.</p>
<p>Il a lancé un appel spécial en ce qui concerne le Recensement National de la Population et des Logements 2011, qui aura lieu en Septembre, dans le cadre duquel sera demandé « si nous nous reconnaissons comme afrodescendants ». En Colombie, seulement 10% ont répondu par l&#8217;affirmative « tout le monde ici, nous devons répondre par l&#8217;affirmative », a instruit le parlementaire du Parti Socialiste Uni du Venezuela.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right">Juillet 2011</p>
<p style="text-align: right">Traduit de l&#8217;Espagnol par <strong>Guy Everard Mbarga</strong></p>
<p style="text-align: right">http://guyzoducamer.afrikblog.com</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/ive-rencontre-des-afrodescendants-de-caracas/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une histoire de l’Etat et de la démocratie en Afrique</title>
		<link>http://fr.panafrikan.net/une-histoire-de-l%e2%80%99etat-et-de-la-democratie-en-afrique/</link>
		<comments>http://fr.panafrikan.net/une-histoire-de-l%e2%80%99etat-et-de-la-democratie-en-afrique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Jul 2011 16:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PopoK</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Nzinga]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie en Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[PopoK]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://fr.panafrikan.net/?p=417</guid>
		<description><![CDATA[Si la démocratie consiste en la création par une multitude humaine d’une société politique autonome, fondée en soi et pour soi[1] ; alors l’Afrique Noire possède une expérience démocratique déjà millénaire avant son agression  par l’Europe. Par conséquent, si une question de démocratie se pose aux Africains d’aujourd’hui, c’est essentiellement dans cette histoire politique millénaire]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_418" class="wp-caption alignleft" style="width: 156px"><a href="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/07/Ngola-Nzinga.jpg"><img class="size-full wp-image-418" src="http://fr.panafrikan.net/wp-content/uploads/2011/07/Ngola-Nzinga.jpg" alt="" width="146" height="184" /></a><p class="wp-caption-text">Ngola Nzinga (1582 -1663), l&#039;une des plus grandes leaders politiques africaines à avoir vaillamment combattu les esclavagistes européens.</p></div>
<p>Si la démocratie consiste en <strong>la création par une multitude humaine d’une société politique autonome, fondée en soi et pour soi</strong><a href="#_ftn1">[1]</a> ; alors l’Afrique Noire possède une expérience démocratique déjà millénaire avant son agression  par l’Europe. Par conséquent, si une question de démocratie se pose aux Africains d’aujourd’hui, c’est essentiellement dans cette histoire politique millénaire qu’ils devraient en puiser les éléments de réponse adéquats ; plutôt que de verser dans un mimétisme amnésique d’expériences politiques étrangères.</p>
<p>C’est indubitablement dans les décombres de l’Afrique ancienne qu’il faut rechercher les matériaux essentiels de la refondation socio-politique de l’Afrique à venir ; évidemment en pleine conscience des circonstances actuelles dites de la mondialisation, qui consistent surtout en l’occidentalisation  du monde. Mais encore faut-il que nous apprenions à connaître et comprendre notre propre histoire politique « précoloniale ». <span id="more-417"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>L&#8217;Etat, une réalité millénaire en Afrique<br />
</strong></p>
<p>On appelle « Etat » un complexe de personnes morales de droit public ayant en charge la destinée collective d’une multitude humaine constituée en société politique sur un domaine géographique de souveraineté. En dépit des élucubrations négrophobes de Jean-François Bayard<a href="#_ftn2">[2]</a> ou de l’eurocentrisme obtus de  Sofia Mappa<a href="#_ftn3">[3]</a>, l’expérience africaine de l’Etat et de la démocratie est plurimillénaire ; depuis <em>T3 Sti</em> jusqu’à Mwene Mutapa, en passant par Koush, Wagadugu, Kongo-dyna-Nza, etc. Dans « L’Afrique Noire précoloniale<a href="#_ftn4">[4]</a> », Cheikh Anta Diop a ouvert la voie à une connaissance historiographique approfondie des caractéristiques politiques générales de cette longue expérience de l’Etat en Afrique. Mais c’est Alain Anselin qui a entrepris une brillante généalogie politique de l’Etat africain, particulièrement à travers sa « <em>lecture africaine de l’Egypte nagadéenne</em><a href="#_ftn5">[5]</a> ».</p>
<p>De même que le phénomène de l’Etat est millénaire en Afrique, de même il existe un discours africain sur ce phénomène qui est paradigmatiquement différent des traditions européennes de philosophie politique. Il importe d’avoir conscience de cette dualité paradigmatique si l’on veut traiter d’Etat et de démocratie en Afrique, sans se fourvoyer dans la répétition servile de discours hétérodoxes stériles pour ce propos.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>« L’Homme est un loup pour l’Homme »</strong></p>
<p>Dans son ouvrage majeur intitulé « Le citoyen ou les fondements de la politique<a href="#_ftn6">[6]</a> », Thomas Hobbes expose ce qui selon lui fonde la politique. Un texte qui en ferait le « fondateur de la philosophie politique moderne », d’après certains commentateurs. Selon Hobbes,  rien ne dispose naturellement les hommes à se constituer en société politique. Toutefois, ils sont contraints par la « droite raison » à constater que « l’état de nature » est en puissance un état de « guerre perpétuelle » de tous contre tous : « <em>avant que les hommes se fussent mutuellement attachés les uns aux autres par certaines conventions, il était permis à chacun de faire tout ce que bon lui semblait contre qui que ce fût, et chacun pouvait posséder, se servir, et jouir de tout ce qui lui plaisait.</em><a href="#_ftn7"><em><strong>[7]</strong></em></a> »</p>
<p>Cette situation du droit de chacun sur tout conduit inéluctablement à la guerre.  Mais la « <em>droite raison</em> », qui en l’homme entend les voix de la nature, permet de prendre conscience de cette menace qu’encourt le droit à la vie, un droit naturel dont dispose l’homme en tant qu’être vivant. La crainte de cette menace, de la possibilité d’une « <em>guerre perpétuelle</em> », pousse les hommes à entrer en société, en contractant des « <em>alliances et des ligues soutenues par des articles qu’on a dressées et cimentées par une fidélité qu’on s’est promise</em> ».  La société politique de Hobbes n’existe donc que parce qu&#8217;elle est explicitement voulue, jugée utile à l’épanouissement du droit naturel, du droit de vivre, qui ne peut s’exercer adéquatement que dans la paix.</p>
<p>Pour autant, ce qui caractérise la société c’est moins le fait qu’elle soit voulue que le fait qu’elle soit nécessaire, « <em>à cause de la nécessité que nous avons les uns des autres</em> ». Toutefois, l’auteur préfère voir en la société un acte de volonté librement consenti, même si de fait elle est nécessaire, c’est à dire qu’elle ne peut pas ne pas être, et n’a donc pas besoin d’être expressément voulue pour être. Ce biais semble provenir de l’opposition nature/société abusivement réduite à l’opposition guerre/paix, où l’état de nature serait un état de guerre et l’état de société, un état de paix. Or l’expérience montre qu’aussi bien la paix que la guerre sont des produits de l’échange sociétal, et qu&#8217;en particulier les guerres n’ont jamais été aussi nombreuses et destructrices que depuis la multiplication et l’élargissement des échanges sociétaux.</p>
<p>Ainsi, non seulement l’homme à l’état de nature de Hobbes n’existe pas, mais à supposer qu’il existât, il ne peut être caractérisé par une prétendue propension à faire la guerre plus que la paix, c’est-à-dire à se détruire plutôt qu’à se construire. Certes, là où il n’y a pas d’alliance il y a la guerre en puissance, mais l’alliance n’exclut pas la guerre ; pas plus qu’elle ne garantit perpétuellement la paix. Où l’on peut voir que « <em>les fondements</em> » de Hobbes sont bien loin d’épuiser les questions du pourquoi et du comment de la politique, en Occident même où ces questions se sont posées à l’auteur, a fortiori en Afrique dont il ignore tout de la tradition politique millénaire. Or, c’est cette tradition africaine qu’interroge Alain Anselin, dont il extrait que « <em>le Guide des morts est le Père des rois</em> ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>« L’Homme est un remède pour l’Homme »</strong></p>
<p>La réflexion politique d’Alain Anselin se veut plus concrète, s’appuyant sur des documents (archéologiques, linguistiques, etc.) attestés pour tenter de comprendre le processus historique réel (et non fictionnel) ayant amené les hommes en Afrique à se constituer en société politique :</p>
<blockquote><p><em>A la fin du Nagada I, vers -3700 / -3500, les établissements humains installés au carrefour des routes et des fleuves sont déjà centralisés autour des « aînés », vers qui l’affluence des offrandes destinées aux cultes des ancêtres qu’ils gèrent les constitue en ressources de pouvoir – en tribut. […] Le contrôle des cultes et de leur logistique asseoit le pouvoir de dynasties de lignages aînés […] Les cultes des ancêtres qui clé-de-voûtent les sociétés villageoises, et fournissent leur paradigme au contrôle des cités naissantes au carrefour des routes et des rivières, mobilisent la céréaliculture sur la production d’offrandes funéraires nécessitant des récipients, jarres, bols, cruches, tables d’offrandes, et des ateliers et des artisans à une échelle qui dépasse celle des villages – et exige le développement de l’agriculture et ses surfaces, le recul de la pêche et de la chasse comme mode de production. C’est de ces centres cultuels et « commerciaux » que partent les biens de consommation funéraires, et avec eux, les idées du pouvoir et des dieux qui s’y élaborent, destinés à des centres, à des sociétés et à leurs « aînés », que leur moindre importance clientélise peu à peu<strong>.</strong></em><a href="#_ftn8"><strong><em><strong>[8]</strong></em></strong></a></p></blockquote>
<p>En Afrique, la sédentarisation est attestée depuis environ 10000 ans avant notre ère. Et tout se passe comme si des hommes, d’abord tous nomades, vont progressivement se rassembler autour de complexes funéraires, s’organiser auprès de tombes d’illustres aînés disparus ; qui deviendront plus tard « Ancêtres<a href="#_ftn9">[9]</a> » à l’issue de longs cheminements rituels.  Le processus historique négro-africain de socialisation est donc originellement une tentative humaine pour « apprivoiser » la mort, c’est-à-dire la conséquence d’un élan spontané de solidarité entre (sur)vivants, en vue de surmonter cet événement tragique qu’est la mort. Et l’on peut constater indéniablement que <strong>le culte des morts est toujours au cœur des institutions et pratiques culturelles négro-africaines.</strong></p>
<p>Or, qui sinon l’Aîné peut le mieux assurer les prestations d’intermédiation entre les vivants et les morts : par son grand âge, il a démontré sa viabilité, son intelligence et autres capacités à vivre le plus longtemps ; ce en quoi il est exemplaire pour les autres vivants. Et par ce même grand âge, l’Aîné est le vivant le plus près de la mort, partageant avec elle une intimité quasi-quotidienne, qui le fonde à communiquer avec ceux qu’elle a déjà accueillis.  Ainsi, se retrouvant au cœur de la socialisation, l’Aîné va aussi se retrouver au carrefour de la circulation des biens, services, personnes, idées, valeurs, etc. Et cette position sociale nodale va  lui procurer un pouvoir simultanément, ontologiquement, religieux et profane – spirituel et matériel.</p>
<p>En conséquence, aux fondements de la politique en Afrique, il n’y a pas la prise de conscience craintive de ce que « l’homme est un loup pour l’homme », il y a le libre rassemblement des uns avec les autres, en vue de s’imprégner profondément (du sens) de la vie, c’est-à-dire de mieux appréhender (le sens de) la mort : <strong>l’homme est un remède pour l’homme face à la mort !</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p>Ainsi, l&#8217;examen des données archéologiques et linguistiques disponibles a permis à Alain Anselin de montrer qu&#8217;en Afrique, il y a plusieurs millénaires, des hommes se sont mis ensemble pour <strong>faire société</strong> à partir de préoccupations d&#8217;ordre radicalement spirituel : l&#8217;instauration de liens « invisibles » (spirituels, sentimentaux, affectifs, mémoriels, etc.) réguliers, voire permanents, entre les vivants et les morts. Par là-même, ces hommes ont conçu la vie comme procédant des interactions entre le vivant et le non-vivant ; comme l&#8217;énergie que dégagent lesdites interactions. Si bien que faire société, en Afrique, cela revient fondamentalement à se rassembler, en vue de gérer au mieux collectivement l&#8217;énergie-vie ; c&#8217;est-à-dire le produit des interactions vivant-mort : <strong>la mort est l&#8217;événement catalyseur des processus historiques négro-africains de socialisation.</strong> La société négro-africaine originelle est d&#8217;abord une société spirituelle, religieuse<strong> </strong>; qui pour vivre sa spiritualité va se pourvoir en infrastructures organisationnelles et autres ressources matérielles, dans le cadre d&#8217;une économie inaugurale dite « «économie funéraire ».</p>
<p>Dans cette conjoncture des origines de la socialisation, « le Guide des Morts » est le leader social par excellence, et c&#8217;est un Aîné, Prêtre, Sage. Ainsi, en  Afrique « précoloniale », le Chef de l’Etat est d’abord un leader spirituel, un intermédiaire entre les Ancêtres et leurs descendants ; c’est-à-dire un véritable  expert dans la connaissance (scientifique) approfondie des interactions vivant-mort : un Grand-Initié. Cette dimension consubstantiellement spirituelle/cultuelle de l’activité politique est une des caractéristiques majeures de l’histoire politique millénaire de l’Afrique<a href="#_ftn10">[10]</a>. Elle distingue radicalement l’expérience politique africaine de celle de la Renaissance européenne surdéterminée par la « séparation » de l’Eglise et de l’Etat-nation. C’est aussi  par son prisme que l’on comprend mieux à quel point le monde politique nègre a été profondément impacté, depuis le VIIè siècle, d’une part par l’irruption de l’islam au Bilal-el-Sudan des Mansa Manden ; d’autre part par la conversion au christianisme des Mwene Kongo.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right"><strong>PopoK</strong></p>
<p style="text-align: right">Juillet 2011</p>
<div>
<hr size="1" />
<div>
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Gérard Mairet, <em>Le Dieu mortel – Essai de non-philosophie de l’Etat</em>, éd. PUF, 1987, p.162 : « <em>Proprement pensée, la démocratie se définit comme l’existence de la multitude selon le droit de sa propre nature. […] La démocratie n’est donc que la communauté des droits naturels reconnus. Elle est bien l’assemblée de la multitude vivant selon le droit de sa propre nature. </em>»</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Dans « <em>L’Etat en Afrique – La politique du ventre</em> », ce mandarin de l’africanisme françafricain professe (p.58) l’ « <em>absence d’une « grande » tradition historique de pouvoir</em> » en Afrique, où l’on pratiquerait « <em>l’art civilisé de vivre de façon raisonnablement pacifique sans Etat.</em> ». Encore un pseudo spécialiste de l’histoire politique africaine, suintant la condescendance, qui ignore que l’Afrique a plus de 6000 ans d’expérience de l’Etat. Et que nombre de sociétés politiques africaines anciennes, riches et puissantes, étaient plus vastes géographiquement que toute l’Europe de l’Ouest, notamment à une époque où la Peste Noire ravageait les populations de cette Europe, contraignant certaines malheureuses familles européennes à consommer le cadavre de leurs morts.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Sous la direction de Sophia Mappa, <em>Développer par la démocratie ? – Injonctions occidentales et exigences planétaires</em>, éd. Karthala, 1995. Dans cet ouvrage médiocre, cette personne s’offusque de ce que l’Occident veuille imposer la démocratie aux « pays du Sud », alors que les traditions politiques de ceux-ci y seraient réfractaires par nature. Or, comme le soulignera quelques années plus tard Amartya Sen, l’expérience particulière de l’Europe en matière de démocratie n’épuise pas toute l’expérience démocratique du monde, dont celle millénaire de l’Afrique n’est évidemment pas des moindres. En outre, les « injonctions occidentales » à la démocratie sont une véritable escroquerie idéologique visant à occulter la réalité de coups d’Etat fomentés dans les « pays du sud », et autres installations régulières d’affidés locaux comme dictateurs inamovibles, remplacés uniquement par leurs propres fils cooptés. Le fait d’ergoter sur de telles fallacieuses « injonctions », en taisant la réalité massive, séculaire, de pratiques criminelles des « démocraties occidentales » en Afrique, consiste en vaine duplicité épistémologique d’un africanisme françafricain bavard et stérile.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Cheikh Anta Diop, <em>L’Afrique Noire précoloniale – Etude comparée des systèmes politiques et sociaux de l’Europe et de l’Afrique Noire, de l’Antiquité à la formation des Etats modernes</em>, éd. Présence Africaine, 1960.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Alain Anselin, <em>La Cruche et le Tilapia – Une lecture africaine de l’Egypte nagadéenne</em>, Revue Tyanaba, éd. UNIRAG, 1995.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Thomas Hobbes, <em>Le citoyen, ou les fondements de la politique</em>, éd. Flammarion, 1982.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Thomas Hobbes, op. cit., 1982, p.97</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Alain ANSELIN,  op cit. 1995, pp.30-31</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Les commentateurs non-avertis des traditions africaines confondent généralement le concept « Ancêtre » avec celui hétérodoxe de « Dieu » ; ce qui les conduit à identifier autant de dieux qu’ils trouvent d’ancêtres fondateurs, croyant alors découvrir un polythéisme africain qui n’existe que dans leurs propres errements analytiques.</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Josep Cervello Autuori, <em>Monarchie pharaonique et royauté divines africaines</em>, in Cahiers Caribéens d’Egyptologie, N°2, février/mars 2001.</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://fr.panafrikan.net/une-histoire-de-l%e2%80%99etat-et-de-la-democratie-en-afrique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

