Le Panafricentrage d’Aziz Fall

Lors du Congrès Panafricain qui s’est tenu à la fin octobre 2011 à Munich, le politologue Aziz Fall, membre du Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de l’Afrique (GRILA), aussi collaborateur à Amandla, a expliqué le concept de “panafricentrage”: une stratégie internationaliste panafricaine de désengagement et de construction d’un développement équilibré continental qui intègre une compréhension de l’insertion défavorable de l’Afrique dans la division internationale du travail.

Un regard géostratégique sur la crise du Mali

Depuis la guerre d’indépendance de l’Algérie, en tout cas dès la fin des années 1950, la France poursuit le dessein de créer un « Etat Touareg » dans l’épicentre géologique des immenses ressources hydrauliques, pétrolifères et uranifères du Sahel.  Mais, tant qu’elle parvenait à préserver à son économie un accès privilégié auxdites ressources, notamment grâce à son « influence » stratégique omnipotente dans les Etats de cette région, ce dessein d’instrumentalisation de la carte touarègue lui paraissait peu urgent. Or, au cours de la décennie 2000, la forte poussée sur le marché des matières premières africaines de la Chine en particulier – et des BRICS en général – ; de même que le précédent de la partition du Soudan par « la Communauté Internationale » occidentale, sont autant de circonstances favorables à l’agenda français d’un « Etat touareg ». Le bellicisme atlantiste « décomplexé » du tandem  Sarkozy-Juppé, qui a fait ses funestes preuves en Côte d’Ivoire et en Lybie, est un autre facteur explicatif prépondérant de ce qui se joue actuellement au Mali.

Bien entendu, cette perspective analytique est scrupuleusement enfouie sous un storytelling abrutissant orchestré par les média du Quai d’Orsay (RFI, FRANCE24…) et leurs consorts. Heureusement qu’un internaute très perspicace a bien voulu porter son regard différent, déniaisé, sur les fondements géostratégiques de la crise malienne, au cours d’échanges sur un forum dont nous rapportons l’extrait ci-après.

Généalogie de la xénophobie européenne

Affiche xénophobe d'un parti politique européen (Suisse)

Au fond, la négrophobie n’est qu’une modalité parmi d’autres de la phobie de l’autre profondément ancrée dans la civilisation occidentale. Il n’y a pas d’autre civilisation dont l’histoire est jalonnée d’autant de guerres, entre les Européens/Occidentaux eux-mêmes, entre eux et d’autres. Le Nègre est physiquement et symboliquement l’autre le plus radicalement autre du Blanc. Cela peut suffire à expliquer qu’il ait souffert le plus sévèrement « la férocité blanche ». La phobie de l’Autre que l’on rencontre chez les Blancs est antérieure à la civilisation occidentale, et plonge ses racines dans la civilisation gréco-romaine.

Back-To-Africa !

Qu’on ne s’y méprenne pas : le retour vers l’Afrique de la Diaspora des déportations est d’abord un retour paradigmatique à soi-même, en tant qu’Africain qui reconquiert activement son autonomie de pensée et d’action ; partout et en toute circonstance. Une telle conception du « Back-to-Africa » n’implique donc pas nécessairement un retour géographique en Afrique, bien que ce soit assurément une condition préalable à l’exercice avec succès du droit naturel de chaque Nègre à s’établir librement au Pays-des-Ancêtres, pour y vivre et s’épanouir.

On entend par « diaspora des déportations », les Africains nés et vivant hors d’Afrique, parce que l’un au moins de leurs ascendants a été déporté par les Européens lors du Yovodah. Deux des populations emblématiques de cette Diaspora africaine consistent aux Africains-Américains et aux Africains-Caribéens. A ceux-là, et à tous les autres, des politiques publiques africaines volontaristes et innovatrices doivent enfin ( !) permettre de regagner le continent de leurs ancêtres – pour ceux qui le souhaiteraient expressément – dans les meilleures conditions socio-économiques de Renaissance panafricaniste. La récente proposition du président Wade, d’une dotation foncière gratuite aux Ayitiens souhaitant s’installer au Sénégal, est l’occasion de réintroduire aux débats des propositions alternatives.

Tant de théories, si peu de pratique…

Stokely-Carmichael, théoricien du black power.

Stokely-Carmichael, théoricien du black power.

On le sait, l’Afrique est au fond d’un gouffre qui ne cesse de s’approfondir jour après jour. Le but de cet article n’est pas de revenir sur les causes. Mais plutôt d’en venir à l’une de ses conséquences. A savoir un questionnement logique sur des solutions à apporter. Un peu partout autour de chacun de nous fleurissent des masses de théoriciens. Qu’ils soient dans la diaspora ou sur le continent, il est aujourd’hui facile de trouver des théoriciens de ce qu’on appelle couramment la renaissance Africaine, ou d’une de ces branches (culture, social, économique, etc…). Essayons de comprendre pourquoi un si grand nombre de courants de pensées existe, pourquoi ils « ne tiennent souvent pas la route« , et surtout pourquoi nous sommes face à si peu d’applications concrètes.

Le Franc CFA est inspiré de l’EMONAZ !

Ayant vaincu l’armée française en quelques jours, l’Allemagne nazie résolut d’asservir économiquement la France, entre autres, grâce à un subterfuge monétaire criminel appelé EMONAZ : External Monetary Nazism. Dans un article fort bien documenté, le professeur Sohjw Taadhieu NDENGWE montre comment ce procédé monétaire nazi de pillage économique des pays occupés (notamment Belgique, Pologne, Pays-Bas, France) a inspiré les concepteurs de l’escroquerie du franc CFA – fomentée le 25 décembre 1945 -, que furent Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire), René Pleven (ministre des finances) et Jacques Soustelle (ministre des colonies).

Quel est le rôle de la diaspora?

Cet été des membres de l’organisation KEMWANA etaient au Cameroun pendant deux mois pour analyser la situation sur le « terrain ». D’Europe, malgré les recherches, les livres, les témoignages, et des analyses « de bureau«   il y aura toujours un ecart de perception avec une analyse de terrain. Nous vous faisons partager jour après jour nos différentes sensations. Il vous est fortement conseillé d’aller sur le facebook de KEMWANA afin d’y voir aussi quelques photos.

Inauguration du centre Panafricain Zenoo

Il nous faut saluer le lancement du Centre Panafricain Zenoo, initié par des frères et soeurs de la Diaspora en Suisse.

 

A suivre de très près…

IVè Rencontre des Afrodescendants de Caracas

Cette Rencontre de l’Afrodescendance en Amérique Latine et dans les Caraïbes s’est déroulée du dimanche 19 juin  au mardi 21 juin 2011 à l’Hôtel ALBA de Caracas. Après trois jours de débats qui ont réuni plus de six cents (600) délégués d’Amérique Latine, des Caraïbes et d’Afrique, les participants ont pris une résolution en six points lors de la séance de clôture. Le député de l’Assemblée Nationale Aristóbulo Istúriz, l’un des promoteurs de ce conclave international, a lu chacun des articles de cette résolution mentionnés ci-dessous :

Une histoire de l’Etat et de la démocratie en Afrique

Ngola Nzinga (1582 -1663), l'une des plus grandes leaders politiques africaines à avoir vaillamment combattu les esclavagistes européens.

Si la démocratie consiste en la création par une multitude humaine d’une société politique autonome, fondée en soi et pour soi[1] ; alors l’Afrique Noire possède une expérience démocratique déjà millénaire avant son agression  par l’Europe. Par conséquent, si une question de démocratie se pose aux Africains d’aujourd’hui, c’est essentiellement dans cette histoire politique millénaire qu’ils devraient en puiser les éléments de réponse adéquats ; plutôt que de verser dans un mimétisme amnésique d’expériences politiques étrangères.

C’est indubitablement dans les décombres de l’Afrique ancienne qu’il faut rechercher les matériaux essentiels de la refondation socio-politique de l’Afrique à venir ; évidemment en pleine conscience des circonstances actuelles dites de la mondialisation, qui consistent surtout en l’occidentalisation  du monde. Mais encore faut-il que nous apprenions à connaître et comprendre notre propre histoire politique « précoloniale ».